Depuis leur création en 2003, Les Contes et Légendes d'Afrique, dessins animés réalisés et produits par de jeunes Ivoiriens font leur apparition sur les écrans de la planète, en Occident notamment; en attendant d'être diffusés dans le pays qui les a vus éclore.
En effet, sous la houlette du professionnel de la communication multimédia, Innocent Junior Anongba, une cinquantaine de jeunes talents formés dans le moule de l'Institut national supérieur des arts et de l'action culturelle (INSAAC), dessinateurs, peintres, ventriloques, graphistes, musiciens, acteurs, infographistes, ont donné vie, une animation particulière aux contes et légendes, extraits d'ouvrages célèbres mais aussi inédits, du terroir. Avec une trame actancielle réadaptée par la plume du journaliste, critique littéraire et d'art, Henri N'Koumo. Ceci, aux fins de promouvoir la sagesse et le patrimoine culturel africain qu'ils portent et qui véhiculent les vertus éthiques, civiques et morales pour les jeunes générations. Dans cette lancée, les célèbres écrivains, Bernard B. Dadié et Jean-Noël Loucou, dont les textes sont l'objet d'adaptation en dessins animés, en ont cédé les droits au promoteur Innocent Anongba, directeur général de Régia Image et Son (RIS). Les 25 premiers films d'animation de 5 épisodes chacun sur la cinquantaine en production, sont disponibles et ont déjà fait le bonheur des enfants de 4 à 12 ans en Belgique, au Canada, au Québec grâce au réseau TV5 Monde, l'OIF, le CIRTEF Grâce au partenariat que le producteur a goupillé avec le label français Dedalus, les contes animés de 12 minutes 30 secondes en moyenne, Ali et Bibi le Chien, La Tortue, le Singe et le Paysan, Le Bouc et le Coq, Les aventures de Adji et Alhô, L'histoire du grand chasseur de N'Zassa, Toto l'Eléphant et les Abeilles, entres autres, ont pu faire le tour de festivals et salons cotés comme le Cartoon festival, le Midem TV de Cannes Dans le sillage des dessins animés Kimboo, Aya, Kirikou, etc., qui ont esquissé une promotion de l'Afrique à partir d'un regard plus ou moins occidental, Les Contes et légendes offrent une réponse africaine par des talents et contenus africains au monde du film d'animation où l'Asie et l'Occident influencent la perception du monde des enfants de la planète. En dépit de l'accord de principe signé avec la RTI le 11 septembre 2002 et qui arguait que la diffusion des dessins animés, démarrerait sur ses antennes, le 1er décembre 2003, les téléphiles ivoiriens et par ricochet tous ceux qui s'y connectent via le satellite, sont privés d'une production à même de vendre positivement la destination Côte d'Ivoire. Pourvu que ce genre de contenu à forte valeur ajoutée créatrice et didactique et produit à près d'1 milliard FCFA soit intégré dans les programmes du média de service public sans contrepartie. Ce serait un acte citoyen. Mais que la télévision, dans sa quête de profit, requière que la diffusion de ces dessins animés fasse l'objet de paiement par le promoteur, en violation de l'accord passé avec le directeur général d'alors, laisse perplexe à plus d'un titre. Surtout que le contenu offert sur le bouquet, vu de l'Etranger, est à maints points de vue d'une saveur étriquée.
Rémi Coulibaly