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Ce passage du Saint Evangile selon Saint Luc, relatif à la naissance de notre Seigneur Jésus-Christ, nous situe clairement sur la manière dont les Romains de l'Antiquité procédaient pour le recensement des populations. A cette époque, il s'agissait pour l'empereur de connaître les populations de l'empire romain tant en nombre qu'en peuples composant cet empire.
L'empire romain avait ses Latins, ses Volsques, ses Gaulois, ses Carthaginois, ses Hébreux, etc Il fallait donc que chacun retournât dans son pays d'origine pour se faire recenser. Nul doute que s'il y avait eu en ce temps-là des élections dites démocratiques comme en ce moment, le procédé aurait été le même s'il avait fallu identifier les électeurs. Aujourd'hui, dans chaque pays, le devoir et la mission de tout dirigeant conscient, sérieux et honnête étant de bâtir une nation souvent à partir d'une grande diversité de peuples, le recensement et l'identification des populations se font sur les lieux où ces populations sont installées au moment où ces opérations ont lieu. Le brassage des populations est en effet le leitmotiv de tout responsable politique réfléchi dans tous les pays du monde entier. En Côte-d'Ivoire, les mouvements de populations, les migrations internes ont toujours été particulièrement importantes. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle dans la crise actuelle que nous traversons, le cliché traditionnel et classique des Occidentaux et de leurs médias qui veulent toujours présenter les évènements et les choses de façon manichéiste et dichotomique, a lamentablement échoué. Il y a en effet une telle interpénétration des peuples et population de notre pays qu'il est difficile, voire impossible de tracer une frontière qui séparerait certains de ces peuples et les prédisposerait à des confrontations inéluctables. L'on est donc en droit de penser que devenue un Etat le 07 août 1960, la Côte-d'Ivoire a fait des progrès réels pour la création d'une nation ivoirienne malgré quelques soubresauts relevés ici et là et notamment la sédition et l'insurrection armée de monsieur Kragbé Gnangbé en 1970. Tout semblait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'à ce que certains Ivoiriens, ayant décidé de faire de la politique ( ?) découvrent qu'ils n'ont aucune envergure nationale et choisissent d'asseoir toute leur stratégie politique sur le fait tribal d'où est sorti le boycott actif de 1995 qui allait rompre pour longtemps la cohésion entre les différents peuples composant notre pays ! Depuis cette date fatidique, les frictions se sont multipliées entre certaines ethnies et la crise ouverte en septembre 2002 est venue accentuer la cassure née en 1995. Désormais les mots à la mode et qui cachent mal les relents et connotations tribalistes sont : autochtone, allogène, allochtone !
C'est à partir de ces mots qui ne sont pas sans rappeler les classifications communautaires de l'Afrique du Sud de l'apartheid, qu'on se voit décerner le droit de résider dans certaines régions et d'y posséder des biens. Depuis 1995 donc, il est particulièrement difficile de résider et de posséder des biens dans certaines zones de la République (???) de Côte-d'Ivoire.
Allogènes et allochtones sont pratiquement devenus "personae non gratae" au centre ouest et à l'ouest de notre pays, notamment les paysans planteurs. De 1995 à 2002, la persécution de ces allogènes et allochtones se faisait de façon insidieuse et perfide pour ne pas heurter de front l'opinion nationale. C'est pendant cette période, plus précisément de 1995 à 1999 que le FPI multipliait séminaires, colloques et ateliers sur la présence des allogènes baoulés dans le Centre Ouest, trouvant inadmissible que les Baoulés aient construit plus de villages dans cette région que les "autochtones propriétaires terriens" eux-mêmes. Les responsables et nombre de militants FPI se désolaient de la prolifération de ces allogènes qui, selon leurs dires, refuseraient de s'intégrer aux autochtones et de participer au développement de la région. Il fallait remédier à cela et la tentative de coup d'Etat du 19 septembre 2002 qui s'est muée en rébellion allait être l'occasion rêvée pour régler ces vieux comptes qui n'avaient que trop duré.
On en était arrivé à la situation des Hébreux trop prolixes aux yeux des Egyptiens et de Pharaon pour justifier des mesures exceptionnelles visant à juguler cette expansion des allogènes. C'est pourquoi à peine un an après l'éclatement du conflit, près de 18 000 Baoulés étaient spoliés de leurs biens et expulsés de leurs plantations lorsqu'ils n'ont pas été trucidés.
Et cela a continué sans que personne ne s'émeuve, le pouvoir FPI trouvant normal que les nouveaux "seigneurs féodaux" reprennent possession de leurs (?) terres ! Aujourd'hui, ce sont 47 000 planteurs baoulés et burkinabé qu'on empêche de retourner sur leurs plantations à moins qu'ils n'acceptent de signer un papier attestant qu'ils ne sont plus que de simples métayers sur leurs propres plantations ! A ces spoliations et à ces expulsions s'ajoutent toutes les man?uvres pour empêcher ces allogènes de se faire identifier et recenser. Les audiences foraines sont ainsi devenues pour eux un véritable cauchemar et un calvaire atroce. Nous ne pouvons pas alors ne pas nous rappeler les propos de ce cadre (?) du nord, hier dignitaire du RDR, aujourd'hui laudateur servile de monsieur Laurent Gbagbo et du FPI qui soulignait que la Côte d'Ivoire ne vivrait en paix et tranquillité que lorsque les Baoulés retourneraient chez eux ! En tenant compte des écrits, des propos et des comportements des dignitaires du pouvoir FPI, nous en arrivons à nous demander si on ne doit pas procéder comme dans la Rome antique. Ainsi pour chaque recensement et à chaque élection, ces allogènes retourneraient dans leur région d'origine pour se faire recenser, pour s'inscrire sur les listes électorales et pour voter. Leur apport indéniable dans le développement de ces zones forestières étant contesté sinon nié par les fils (?) de ces régions, leurs biens leur étant arrachés, le moindre mal ne serait-il pas qu'ils ramènent leurs pénates dans "le pays" de leurs pères ?
Ceux qui font d'eux des boucs-émissaires constateraient alors qu'ils disposeraient automatiquement de moins de sièges au Parlement, le nombre de sièges qu'ils occupent en ce moment étant lié au déplacement de populations au profit des zones forestières.
Par ailleurs, si à un moment donné, on a pensé que le salut du paysan reposait exclusivement sur le café et le cacao, il est établi que non seulement le vivrier est tout aussi rentable, mais aussi l'introduction de nouvelles cultures est source non négligeable de revenus.
Il n'y a donc plus de fatalité qui pèserait définitivement de façon négative sur les régions centre et nord. Les seuls maux qui toucheraient alors l'ensemble de la communauté nationale, c'est que la Côte-d'Ivoire cesserait d'être premier producteur mondial de cacao et troisième producteur mondial de café ! Les Ivoiriens installés dans d'autres régions que leur région d'origine seraient naturellement tous contraints d'effectuer le même mouvement. Nous vivrions alors un chambardement total de notre pays à la grande satisfaction sans doute de ces tribalistes haineux qui ont décidé de porter un coup fatal à l'unité nationale. Ceci est sans doute une hypothèse d'école ! Mais comment ne pas l'imaginer et l'envisager lorsque plus de quarante ans après notre indépendance, il se trouve encore des gens se disant politiciens (?) qui continuent de croire et d'affirmer que tout peut changer partout sauf dans leurs régions où les terres doivent demeurer propriétés exclusives de leurs parents (?) qui auraient ainsi droit de vie et de mort sur " l'impudent" qui décide de venir faire fortune à la force de ses bras sur ces fameuses terres ? A moins que ces demi-lettrés se disant intellectuels ne soient rapidement vaccinés contre cette rage qui les pousse à une folie qu'ils propagent auprès de l'ensemble du corps social.
Par DOUBE BINTY

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