Les propositions de Gbagbo face à la cherté du coût de la vie
Je voudrais vous rappeler qu'au temps du Président Houphouët-Boigny, la Côte d'Ivoire était parvenue à l'autosuffisance alimentaire en terme de productions de riz. C'est donc dire que la Côte d'Ivoire est capable de produire le riz dont elle a besoin pour se nourrir et elle peut même en exporter. Mais cela suppose une politique de productions. Quelle est la politique de production du pouvoir en place ? Quand on a atteint cette autosuffisance, il y avait une société d'Etat, la Soderiz. Il y avait même un ministère du Développement rural. Dont l'objectif premier était de mener cette politique de productions de matières premières dont nous avons besoin pour notre consommation () Alors, ce n'est pas une vue de l'esprit. C'est quelque chose qui a déjà existé. Mais que pensez-vous, vous-mêmes de quelqu'un que vous allez voir pour lui dire que les prix augmentent et qui vous dit, "Allez-y planter du riz" ? Une boutade ou une moquerie ? Les populations, qui achetaient leur riz au marché, trouvent que le kilo du riz est trop élevé. Et vous leur dites, "Allez-y produire du riz". Entre la période où le prix grimpe et la période où ils vont aller semer leur riz, je vous apprends qu'en dehors de la préparation du territoire, le cycle le plus court de riz, c'est trois mois. Alors d'ici la préparation du sol et les 3 mois nécessaires pour faire la récolte, les populations vivent de quoi ? Avec quelle politique et quel pouvoir d'achat ? Avant la récolte, beaucoup auront eu le temps de mourir. Quand on vous pose un problème et que vous êtes responsable, il y a ce qu'on appelle les solutions à court terme, à moyen terme et à long terme. Les populations qui crient famine ont besoin de solutions. Qu'est-ce qu'on fait pour que le pouvoir d'achat de l'Ivoirien lui permette de se nourrir ? Nous estimons, en ce qui nous concerne, que cette réponse n'est pas responsable. C'est une fuite en avant. C'est une fuite de ses responsabilités. C'est s'avouer incapable de régler le problème de l'augmentation des denrées de première nécessité.
La position du RHDP quant aux élections
" () Le RHDP souhaite que le mois de décembre soit une date butoir pour l'organisation des élections. Nécessairement, il faut que les élections aient lieu en 2008. Bien sûr, à la date d'aujourd'hui, par rapport à fin juin, si l'on veut du mal à la Côte d'Ivoire, on peut demander l'organisation d'élections, parce que, c'est la meilleure manière de les bâcler, pour que ces élections soient sources de déstabilisation et de désordre. Le RHDP ne s'inscrit pas dans un tableau cataclysmique pour l'avenir de la Côte d'Ivoire. Mais nous prenons tous les Ivoiriens à témoin, pour qu'ils comprennent enfin que chaque chose finit par arriver en son temps. Les élections sont reportées depuis 2005, 2006, 2007. On est en 2008. Est-ce que trop n'est pas trop ? C'est pourquoi, nous osons croire que tout sera mis en ?uvre et que de bonne foi, pour que les Ivoiriens, dans la paix aillent aux élections, chacun de nos candidats se dit prêt à être l'élu du peuple. Il faut aller aux élections pour le prouver. Il y aura un seul élu. Mais tout le monde est sûr qu'il sera le seul élu en question. Enfin, allons aux élections. Les urnes, quand elles auront été fréquentées honnêtement, par les électeurs, la Côte d'Ivoire se donnera démocratiquement, les nouveaux responsables auxquels elle a droit. Nous ferons, dans le cadre de l'Accord de Ouagadougou, en sorte que les élections soient possibles en 2008. Des élections génératrices de paix, libres, transparents, dont le résultat devrait être accepté par tous, les vainqueurs, comme les vaincus. J'espère que notre position est bien comprise. Et que ceux qui se réfugient derrière leur défaite prévisible vont arrêter de bloquer le système. Et qu'enfin toutes les formalités seront finies avec la Sagem pour qu'elle commence l'identification, et qu'à partir de cette date-là, la CEI soit à même de proposer au gouvernement des dates où les élections pourront avoir lieu. On ne peut pas vouloir aller aux élections vite, vite, vite et bloquer à chaque instant, chaque étape qui doit conduire à l'identification. C'est une drôle manière d'être pressé. Alors, le RHDP demande, exige des élections en 2008.Les élections avant ou
après le désarmement ?
"Si l'Accord de Ouagadougou était appliqué, on aurait la disparition des milices, l'armée républicaine aurait été formée, qui serait composée des FDS et des FAFN. Donc la Côte d'Ivoire devrait aller à des élections avec une armée républicaine nouvelle. Le désarmement complet qui veut dire qu'il y a une seule armée et personne d'autre ne détient d'armes serait idéal. Et c'est ce que nous appelons de nos v?ux depuis. Mais regardons la situation en face. Parce que l'issue d'élections positives n'est qu'un maillon dans l'avènement de la reprise de la paix dans le pays. C'est pourquoi, le RHDP pense qu'à défaut d'un désarmement total, ce qui est souhaitable, il faut au moins que le cantonnement ait été fait, les milices désarmées. Le cantonnement veut dire que les forces belligérantes se retrouvent dans des camps militaires réglementaires. Nous apprenons avec beaucoup de satisfaction que cette obligation a été remplie par les FDS. Nous apprenons aussi avec beaucoup d'espoir que les sites de regroupement s'aménagent pour que les FAFN se trouvent aussi dans des camps militaires. Dans ces conditions-là, les armes ne devraient pas être en circulation dans la nature. Dans ces camps, il y aurait des poudrières. Nous pensons que si cette phase est correctement remplie, les élections peuvent avoir lieu. Mais, s'il n'y a pas de cantonnement, si les milices ne sont pas désarmées, il ne peut pas avoir d'élections démocratiques. Mais, s'il y a cantonnement, au moins, s'il y a désarmement total au mieux, ce à quoi, il ne faut peut-être pas rêver, que la sécurité d'une manière générale peut être acceptable alors, nous devons pouvoir organiser des élections crédibles, facteurs d'un désarmement complet () Si en 2008, les élections n'ont pas lieu, l'accord politique de Ouagadougou perd lui-même de sa crédibilité. Après avoir été prévu pour dix mois, si cet Accord doit se proroger au-delà de 2008, sans qu'il n'y ait élection, c'est l'Accord de Ouagadougou qui perd de sa crédibilité. Nous aviserons par rapport à l'Accord de Ouagadougou lui-même. Et puis, il faut mettre fin à la misère que vit la Côte d'Ivoire par les élections, par une sortie démocratique de la crise. Parce que je ne sais pas s'il y a un responsable digne de ce nom, qui se dit démocrate, qui peut rester dans une situation de non élection et qui est au pouvoir, il est bien, il est content. Sans que le peuple puisse s'exprimer. Mais si on croit qu'on fait du bien, qu'est-ce qu'on a à craindre de revenir devant le peuple pour que ce peuple vous confirme. Là vous aurez les coudées franches. Si en 2008, rien ne précise d'une manière mathématique que les élections vont avoir lieu, nous n'accordons plus de crédit aux accords en vigueur. Il faut revoir la situation, il faut réagir autrement. Il faut que le peuple de Côte d'Ivoire prenne ses responsabilités. Les partis politiques travaillent pour le peuple parce que les militants font partie du peuple. C'est vrai que, comme le disait Félix Houphouët-Boigny, il y a deux sortes de responsables. Celui qui dit "Je suis chef, suivez-moi" et l'autre qui dit "Je suis chef, je vous suis", mais il y a des moments où le juste milieu est plus proche de la vérité. Le peuple lui-même qui souffre, qu'est-ce qu'il pense de ses souffrances ? Ils l'ont démontré, il n'y a pas longtemps. () Mais à supposer que le peuple, par son attitude trouve qu'il est content d'être dans cette situation, le bon Dieu même dont on dit qu'il est bon et en la bonté duquel nous croyons, il n'a jamais forcé quelqu'un à aller au ciel. Si le peuple ne veut pas mettre fin à sa misère, il sera difficile que les responsables politiques, en lieu et place du peuple, créent les conditions du bonheur. Nous jouons notre rôle, jouez le vôtre () On ne fait le bonheur de personne contre son gré. Soro-Gbagbo qui bloque le processus ?
C'est M. Gbagbo et le camp présidentiel qui sont responsables des blocages. Je vous prends l'exemple de la Sagem. Le 12 juin 2007, première réunion du CPC à Yakro. Le CPC retient la Sagem pour être la société qui devrait conduire l'identification. Pour sa désignation, le Président de la République doit prendre un décret. 29 juillet 2007, à Bouaké, le Président de la République déclare la fin de la guerre, la réunification du pays, souhaite des élections vite, vite, vite, avec des élections que l'Accord de Ouaga signé le 04 mars 2007 fixait les élections pour décembre 2007. Pour des élections qui devraient avoir lieu en 2007 où le Président de la République était d'accord avec ses pairs du CPC que c'est la Sagem et qu'il devait prendre un décret pour des élections qui doivent avoir lieu en décembre, l'opération d'identification n'a pas commencé parce que la Sagem n'a même eu le décret qui devait la désigner comme structure technique. Et c'est le 23 janvier 2008 que le décret est signé. Si vous n'appelez pas cela un blocage, comment on peut l'appelez ? Sept mois onze jours pour signer un décret. Le problème du cahier des charges, après que la Sagem ait été désignée, il a fallu attendre le 24 février, un mois plus tard après la signature de décret. Et au jour d'aujourd'hui où nous sommes en train de parler, la Sagem n'a toujours pas toutes les autorisations que le Président de la République doit lui donner pour commencer son travail. Si cela ne s'appelle pas du blocage de la part du Président de la République, c'est de la part de qui cela arrive-t-il ? Je ne crois pas que ce soit de la part du Premier ministre. Pour nous, s'il y a blocage par rapport à l'Accord, par rapport même à la Constitution si elle avait été en l'état, il n'y qu'un responsable : le Président de la République et ceux qui le soutiennent dans cette façon de faire () Après avoir déclaré la fin de son mandat en 2005 et la fin de la guerre en 2007, aucune disposition constitutionnelle ne s'opposait plus à l'organisation des élections. Et à partir de ce moment là, la Constitution lui donnait trois mois pour organiser les élections faute de quoi, c'est le Président de l'Assemblée nationale qui prend l'intérim et qui organise les élections trois mois plus tard. On n'est ni conforme à la Constitution, ni conforme aux Accords. Ce n'est pas parce que Soro est un allié du G7 que nous le disons, ce sont les faits. Si le Président de la République avait fait sa part et que c'est Soro qui bloquait, nous aurions dit aux Forces nouvelles, que ce sont elles qui bloquent. Ne faisons pas la langue de bois, soyons honnêtes avec nous-mêmes () Posons des actes positifs, de paix pour qu'on aille à des élections démocratiques. Si M. Gbagbo est réélu, il est réélu. Si M. Gbagbo est battu, il est battu. Il faut qu'on aille à des élections. Et aujourd'hui, c'est lui qui doit prendre des décisions clé pour que certains processus avancent () Il est assuré de son électorat ? Seules les urnes nous le diront au soir des élections qui a la majorité des Ivoiriens. Et nous sommes prêts à tous les résultats. Mais nous ferons en sorte que ces résultats soient positifs pour nous, démocratiquement. Le vol de médicaments
" Si le ridicule pouvait tuer, il y a beaucoup qui seraient morts ". J'aurais à vous informer beaucoup plus complètement là-dessus quand la partie judiciaire aura finir de jouer son rôle. Mais sachez simplement que ça sent la petitesse. Et quand je vais répondre, je vous donnerai la liste de tous ceux qui font ceci ou qui font cela () De quoi s'agit-il ? Il s'agit simplement d'un don de médicament à un centre de santé de l'Etat de Côte d'Ivoire où je devais aller en mission et que j'ai eu à demander au ministre de la Santé, s'il pouvait permettre qu'on amène des produits à cette formation sanitaire qui se trouve dans un village, un campement qui s'appelle Dahira 2. Un centre de santé construit par l'Etat de Côte d'Ivoire, il y a un infirmier d'Etat qui est là-bas. Ce centre de santé est à 25km de la ville de Saïoua. J'ai demandé des médicaments. Ce que le ministre a accepté. D'envoyer des médicaments par mon truchement, comme on l'a fait pour beaucoup de personnes. Le ministre n'a donc promis de m'envoyer les médicaments, la veille de mon départ dans ce village. Malheureusement, la veille de mon départ, les médicaments ne sont pas arrivés. Et j'ai été faire mon meeting qui s'est très bien passé et je suis revenu. A mon retour, j'ai appelé le ministre Allah Kouadio pour lui dire que sa promesse n'a pas été tenue. Il semblait être désolé. Trois à quatre jours après, il me rappelle pour me dire que les colis sont prêts. Je lui ai dit que je venais de Saïoua, que je n'allais pas y retrouver maintenant. Donc s'il veut, il dépose ces médicaments chez moi à la maison, quand je vais aller à Saïoua, je vais les amener. Il a estimé que le colis devrait être encombrant et qu'il préfère les livrer sur place à Saïoua pour que je les trouve là-bas à mon prochain voyage. Je lui ai dit, ça tombe bien. Voici le nom de mon neveu, voici son numéro de téléphone. Quand les agents vont arriver qu'ils l'appellent pour qu'il réceptionne les produits chez moi à la maison, pour qu'à mon prochain passage, j'aille les donner à Dahira 2. Moi, j'ai oublié d'appeler mon neveu. Et ils sont partis livrer les produits. Ils arrivent et appellent mon neveu qui était au champ, pour lui dire qu'ils ont un paquet de son oncle à lui donner. Mon neveu leur répond que mon oncle ne m'a pas appelé. Je ne peux pas recevoir de paquets. Et il a refusé de réceptionner les paquets. Les agents du ministère de la Santé ont donc livré les produits à l'hôpital urbain de Saïoua que j'ai construit. Et ils sont rentrés. Arrivés à Abidjan, ils ont fait le compte-rendu à leur chef hiérarchique. Donc le cabinet du ministre m'appelle pour me faire ce compte-rendu. Ils ont dit qu'ils vont appeler leurs services, c'est-à-dire le personnel de l'hôpital de Saïoua, qu'il faut que je prévienne mon neveu pour qu'il aille chercher les produits. C'est ce que j'ai fait. Et mon neveu a été chercher les produits. Il a signé la décharge et il a déposé les produits chez moi à la maison. Depuis là, je ne suis pas encore parti à Saïoua jusqu'à l'heure où je vous parle. Donc je ne pouvais pas aller les donner. Mais, comble de ridicule, un commissaire de police, homme de justice et de loi, va trouver mon neveu. Parce qu'on a dit qu'on a mis les médicaments dans un corbillard, c'est vrai parce qu'en plus du fait qu'il est planteur, il a une petite société de pompes funèbres à Saïoua. Donc, il a son ambulance, son atelier de fabrique de cercueil. Quand il devait aller chercher les médicaments, il l'a mis dans son corbillard. Pour aller les déposer à la maison. Le commissaire de police va le trouver dans son atelier et lui demande si c'est lui qui fait les cercueils. Mon neveu répond par l'affirmative. Il lui dit alors : "Je voulais passer la commande d'un cercueil () mais pour qu'on puisse bien débattre du prix, on va aller chez moi à la maison où j'ai du bois. Si tu peux prendre ce bois-là pour travailler, peut-être que ça va revenir moins cher". Le commissaire de police le met dans sa voiture. Ils s'en vont voir les planches en question. En lieu et place des planches, arrivé au commissariat, il demande à mon neveu de l'attendre. Il le descend. Il va faire le plein de sa voiture. En revenant, il avait dans sa voiture, l'infirmier qui a réceptionné le médicament. Il fait monter mon neveu et il prend la route d'Abidjan. Ils ont quitté Saïoua à 15h30. Et il vient le livrer à la police judiciaire à Abidjan à 23h. Un commissaire de police qui feint de commander un cercueil et qui, comme la Gestapo, fait un rapt. Qui plus est, si c'est un vol ou un détournement, Saïoua relève de la juridiction de Daloa. C'est la justice de Daloa qui juge les vols dans ce secteur-là. Mais, il l'a blagué et il l'a amené à Abidjan. () Par acquis de conscience, j'appelle mon neveu. Il perd son téléphone et au moment où il dit ses premiers mots, la communication se coupe, on lui a arraché le téléphone. Et on l'a coupé. J'ai cru que c'était sa batterie qui était déchargée. Un peu plus tard, j'appelle un autre neveu à qui je demande ce qui se passe à Saïoua, il me dit qu'il n'y a rien. Et c'est ce neveu-là qui m'a appelé à 22h pour me dire qu'on a en levé Marcel, (Ndlr, le neveu enlevé par le commissaire) Et qu'à 18h 30, le commissaire l'a pris, ils sont allés vers le corridor et on n'a plus de ses nouvelles. Le matin, j'ai été voir Tagro à son domicile, puisqu'il est le ministre des policiers. Il a dit qu'il n'était pas au courrant () Jusqu'à ce que dans la nuit du mercredi à jeudi, Tagro m'appelle à 23 heures pour dire "Ah, j'ai cru qu'on avait libéré l'enfant. Est-ce que tu peux envoyer quelqu'un le chercher ?" Entre-temps j'avais mis un avocat sur l'affaire. Je lui ai dit, "Comme il est tard, qu'il dorme là-bas. Demain matin, on verra". A 23h 40, le téléphone sonne. J'ai enregistré le numéro. C'est mon neveu qui me parle "Papa je suis devant la porte, est-ce qu'on peut m'ouvrir ?" Je suis allé ouvrir, il était devant la porte. Je lui demandé, "Qui t'a amené ici ?" Il me répond, "C'est le directeur général de la police. C'est lui qui est venu le descendre-là à 23h 40 ". Puisque mon neveu n'avait plus son téléphone qui est toujours bloqué, c'est le DG de la police qui a composé mon numéro sur son téléphone. Il le lui a passé, on a parlé. Et quand ils ont fini, il l'a laissé-là, il a pris son téléphone et il est parti. Mon neveu est à la maison. Le plus heureux c'est qu'il ne soit pas en prison. Mais enfin, vous me voyez en train de faire un trafic de 2 millions de médicaments ? Je ne suis pas riche, mais j'ai 2 millions. Ils ont des milliards. Ancien ministre de la Santé, c'est des bassins en caoutchouc dans lesquels on fait pipi que je vais voler pour vendre ? Des urinoirs, des potences pour accrocher les sérums, un pèse-bébé, soyons sérieux ! On en tirera les conclusions. () Ce sont les faits. Quant aux commentaires, je les ferai après. Tout ce que je peux dire, c'est que c'est ridicule. Et je connais des gens de la refondation qui ont pris des médicaments au ministère de la Santé, pour aller les donner aux populations. Ce qui est un bon service qu'ils leur rendent. Même au ministère de l'Education souvent, on va voir le ministre pour lui dire que dans telle ou telle école, il n'y a pas de tables bancs. Et on fait des tables bancs qu'on donne aux gens qui vont les livrer pour que les enfants aillent à l'école. Je ne sais pas si c'est un détournement. Je ne dis pas que je suis propre, je peux peut-être voler plus qu'eux, mais ce n'est pas ça que je vais voler. () Quand ils ont ce qu'ils ont, moi je mérite mieux. Ce n'est pas de la vantardise, mais c'est de la réalité. Il y a eu des détournements de milliards ici. On ne sait pas encore où sont arrivées les enquêtes () Et les milliards du café, du cacao, de pétrole, etc. à l'université, ils en sont où ? Mais, ce sont les populations de Saïoua qui vont tirer la conclusion que les médicaments qu'on leur avait envoyés, ont été retournés à Abidjan. Il parait qu'ils ont photographié ma maison à Saïouaa () C'est ridicule".
Propos recueillis par Yves M. Abiet