Afriquechos.ch - L'houphouëtisme : que de tribalisme, de crimes, d'hurlements et d'aboiements autour d'une doctrine qui, sous le vernis de l'humanisme, de la tolérance et du dialogue n'a jamais pu construire le bonheur des Ivoiriens. Aujourd'hui, de nouveaux prophètes sortent du bois pour revendre aux Ivoiriens ce produit réchauffé, périmé, déclassé, passé, surpassé et dépassé par l'histoire.
Le Président Félix Houphouët-Boigny est mort officiellement le 07 décembre 1993 en laissant, après trente trois ans d'un règne sans partage, un pays exsangue, étranglé par une dette extérieure et intérieure avoisinant les 30 milliards de dollars US. Nos parents malinkés ont l'habitude de dire que c'est après la mort du crapaud, qu'on voit sa longueur . Ses compatriotes découvraient, sur fond de ranc?ur et de luttes de succession, que le miracle ivoirien n'était rien d'autre qu'un mirage et un immense fiasco.
Les Ivoiriens ont, tous aujourd'hui, le droit de tirer les leçons du long règne du premier président de la Côte d'Ivoire, de faire un inventaire de ce que Houphouët a laissé à la nation ivoirienne au plan moral et politique après plus d'un demie siècle de vie publique, ce qui est tout à fait normal et légitime, car il était censé avoir exercé le pouvoir dans l'intérêt de tous les Ivoiriens.
Il ne s'agit pas ici de remuer le couteau dans la plaie, ni de profaner la crique de marbre rouge ocre qui recouvre les restes mortuaires de celui qui était hier encore le père de la nation et le guide vénéré des Ivoiriens pour respecter la phraséologie et la logomachie des houphouëtistes.
Qu'est ce que l'houphouëtisme ?
Trois ministres du défunt président ont essayé, chacun selon son tempérament, de donner un sens à ce mot qui était magique dans les arcanes du PDCI-RDA, ( le parti démocratique de Côte d'Ivoire), le parti politique unique de la vie nationale de 1956 à 1990. Certains vont aujourd'hui plus loin en disant que l'houphouëtisme n'est qu'une immense supercherie et un slogan vide de sens.
Regardons de plus près les essais de définition des uns et des autres. Pour Augustin Laurent Dona Fologo, l'actuel Président du Conseil économique et social de Côte d'Ivoire, journaliste, ancien secrétaire général du parti démocratique de Côte d'Ivoire l'"houphouëtisme", est un humanisme pragmatique, reposant sur la liberté la justice, la démocratie, la tolérance, le dialogue et la paix .
Ce qui est bizarre, dans toute cette propagande, est qu'on ne nous dit pas comment parvenir à la paix, de quelle tolérance il s'agit et surtout quel dialogue Houphouët avait-il pratiqué de son vivant avec la société ivoirienne.
Nous savons tous que l'homme était autoritaire, autoritariste et autocrate, qu'il ne supportait pas la moindre contradiction. Dans ces conditions, personne n'osait le contredire et c'est d'ailleurs l'une des raisons qui ont conduit la Côte d'ivoire à l'immense gâchis actuel. Car d'une certaine façon, c'est le type de pouvoir - et son exercice depuis l'indépendance - qui a conduit les Ivoiriens aux affrontements d'aujourd'hui.
Bref les houphouëtistes sont tous muets sur les instruments que propose cette doctrine quand il y a nécessité de dialogue à l'intérieur du corps politique et social de la nation ivoirienne. L'image pitoyable des dignitaires ivoiriens allant régler leurs querelles de clocher à Lomé, à Marcoussis, à Paris, Accra, Libreville, Bamako, Pretoria et Ouagadougou reste, pour tous les Ivoiriens l'image humiliante et minable d'une classe politique insensible aux souffrances de tout un peuple.
L'actuel secrétaire général du PDCI-RDA, le Pr Alphonse Djédjé Mady disait dans une adresse à la clôture du congrès de 1980 que l'houphouëtisme est à nous ce que le marxisme est au communisme. Nous vous laissons apprécier ce genre d'élucubration et de masturbation relevant plus de la psychiatrie que d'autre chose.
Une autre définition vient du défunt ministre de l'Éducation nationale et de la Recherche scientifique, le Dr Balla Keita assassiné, dans des conditions jusqu'ici non élucidées, le 1er août 2002 à Ouagadougou capitale du Burkina Faso où il était en exil. Curieux destin pour ce grand troubadour et propriétaire attitré de la marque déposée qu'était l'expression nanan Houphouët dans la vie politique ivoirienne.
Pour lui, l'"houphouëtisme" est la pensée, l'action et les actes du président Félix Houphouët-Boigny au service de la Côte d'Ivoire, de la paix, du progrès et de l'unité dans la construction de la nation ivoirienne. L'"houphouetisme" est aussi un humanisme soutenu par le dialogue fraternel et la tolérance au c?ur de l'action politique au service du développement de la Côte d'ivoire et de l'Afrique extrait d'une conférence sur le thème : * la Côte d'Ivoire au service de la paix * prononcée au centre culturel Jacques Aka de Bouaké le samedi 27 juillet 1985.
Que dire devant cet étalage de mots et de verbiage bon marché qui n'engagent même pas ceux qui les prononcent. À ce stade de notre analyse, essayons de voir si, par les actes, il y a eu une réelle adéquation entre le dire et le faire. N'oublions pas que le PDCI-RDA, était hier encore un parti État dans lequel la pensée unique de l'homme unique Félix Houphouet-Boigny était prépondérante, omnipotente et omnisciente.
Concernant l'unité nationale, qui semblait être l'objectif primordial de l'houphouëtisme et de son soit-disant parti d'avant-garde et parti du c?ur des Ivoiriens, nous respectons encore une fois ici la logomachie du parti qui rassemblait d'office tous les Ivoiriens de la naissance à la mort. Le parti unique se voulait le creuset de la nation tout entière. En fait, il rassemblait sans unir vraiment, il proclamait l'unité nationale sans l'avoir réalisée effectivement. Il juxtaposait les membres et non les militants.
L'immense clameur de joie, les fêtes populaires dans les quartiers, les embrassades dans les rues et dans les marchés et l'allégresse générale qui ont accompagné l'annonce du coup d'état de Noël 1999 est encore dans les mémoires des Ivoiriens pour témoigner du rejet, du dégoût et de la superficialité de cette doctrine qui a montré ses limites sur le terrain du dialogue politique, de la solidarité nationale, de l'intégration nationale, du dialogue social, de l'humanisme, de la tolérance, de la fraternité entre Ivoiriens et surtout de l'unité effective de la nation ivoirienne. >>>>
Incohérences, contradictions et énigmes d'une duperie
Sans faire du révisionnisme, on peut logiquement s'interroger sur les motivations réelles de M. Félix Houphouët-Boigny, l'ancien président du syndicat agricole africain et président fondateur du Rassemblement démocratique africain. L'homme était, de 1946 à 1947, foncièrement anticolonialiste et anti-impérialiste. C'est cet homme qui, devenu président de la République, va mettre toute son énergie ainsi que les ressources et les institutions de son pays au service de la France.
Le Directeur de Cabinet du président Houphouët était un Français, le secrétaire général du Gouvernement, le chef d'état major particulier du président, la secrétaire particulière du président, le directeur du service financier de la présidence, le chef du garage auto de la présidence etc.. étaient tous des Français.
Les Ivoiriens avaient le sentiment que la présidence de la République était une institution étrangère au reste du corps de la nation. C'était humiliant, insupportable et inacceptable pour les Ivoiriens qui considéraient que leur président était pris en otage par les Français. Cela explique, en partie, leur opposition à la France officielle d'aujourd'hui.
Le comportement d'Houphouët, dans ce cas précis, ressemble à cet esclave du XIX ème siècle qui, une fois libéré, s'en va jusqu'au pas de la porte de son maître et se retourne, pour venir se soumettre car il ne sait plus où aller, tellement les réflexes de subordination sont développés en lui tout le temps qu'il était esclave. N'ayant jamais appris à penser par lui-même, il se réfère à son maître pour tous les choix de sa vie.
L'aplatissement de l'état ivoirien devant les intérêts néocoloniaux reste une énigme pour tous les Africains qui ont combattu l'occupation coloniale. Le soutien de la diplomatie ivoirienne aux sécessionnistes katangais de Moïse Tshombé, au détriment du gouvernement légal de notre frère, le président du mouvement national congolais, Patrice Emery Lumumba ; l'appui aux sécessionnistes biafrais du Général Odumegwu Emeka Odjukwu, au lieu de soutenir ouvertement le gouvernement fédéral nigérian du général Yakubu Gowon, le soutien d'Houphouët à Blaise Compaoré, contre notre frère le capitaine Para commando Isidore Noël Thomas Sankara, de même que le gîte et le couvert offerts par la Côte d'Ivoire à des bandits comme Jonas Savimbi en Angola et Charles Taylor au Liberia restent, pour nous tous, une énigme et une épingle dans la gorge.
Toutes ces turpitudes, ingérences et manigances expliquent le soutien que la plupart des voisins de la Côte d'Ivoire ont accordé aux rebelles ivoiriens qui occupent aujourd'hui encore la moitié nord de la Côte d'Ivoire et qui ont endeuillé leur pays en tuant des innocents qui n'ont rien à voir avec les frustrations et les rancoeurs accumulées depuis des décennies par une partie des Ivoiriens contre le pouvoir et les institutions de leur pays.
Dans le domaine de la tolérance, l'humiliation infligée aux anciens compagnons, à travers les faux complots de 1959 et 1963, démontre la médiocrité et la méchanceté criminelle d'un autocrate paranoïaque prêt à tout pour écarter tous ceux qui ne partageaient pas sa ligne et ses choix politiques.
La mort en détention à Yamoussoukro, village natale d'Houphouët-Boigny, de l'ancien président de la cour suprême Ernest Boka, a laissé des traces profondes dans la mémoire collective des Ivoiriens puisque le président reconnaîtra, plus tard, qu'il n'y avait jamais eu de complot.
Imaginez la douleur des familles, dont certaines portent encore le deuil. D'autres ont reçu un cercueil plombé contenant les restes d'un être cher et venez parlez aujourd'hui d'humanisme, de tolérance, de dialogue fraternel et autres boniments découlant de l'houphouëtisme et vous comprendrez aisément la rage qui couve dans les c?urs des victimes.
C'est ici qu'il faut rendre un hommage appuyé à des hommes et des femmes de grandes valeurs qui, bien que n'étant pas tous en accord avec ses choix et ses méthodes, avaient pourtant rejoint Félix Houphouët-Boigny, au nom de l'unité du pays. Et aussi à certains des militants sincères du parti unique qui n'ont jamais joué au griot ou au propagandiste de service pendant l'houphouëtisme triomphant.
Nous pensons, avec respect et considération, à Jean-Baptiste Mokey, dont la pauvre mère fut arrêtée et jetée en prison par Houphouët, à Mathieu Ekra, à Réné Sery Koré, à Bernard Dadié, à Albert Paraiso, à Etienne Djaument, à Kacou Aoullou, à Allo Jérôme Batafoué , à Germain Koffi Gadeau, à Kouamé Binzème à Gris Camille, au Dr Amadou Koné, à Assi Adam Camille, à Anne Marie Raggi, à Capri Djédjé à Charles Boza Donwahi, au Pr. Samba Diara, à Ehouman Alphonse Boni, au Pr. Joachim Boni, à Addoulaye Fadiga, à Seydou Elimane Diarra, à Amadou Bocoum, à Ladji Sidibé, à Sékou Sanogo et au doyen Lamine Diabaté qui vient de nous quitter, il y a quelques mois.
Que la paix du Très haut soit avec eux et que ceux d'entre eux qui sont encore avec nous dans le monde des vivants puissent voir, de leurs yeux, ce pays guérir de cet abominable cancer qu'est l'houphouëtisme dont les métastases risquent d'infecter durablement le corps moral et social de l'État ivoirien.
Nous disons ces choses douloureuses en faisant le constat dramatique que l'ethnie, le tribalisme et les intérêts privés, particuliers, partiels et parcellaires ont pris le pas sur l'intérêt national. Le choix d'Henri Konan Bedié, comme successeur constitutionnel d'Houphouet-Boigny, n'était-il pas un acte de tribalisme caractérisé ?
Construire un barrage hydroélectrique près de ton village même s'il n'est pas rentable pour le pays, construire un terrain de golf dans ton village et une basilique en pleine brousse quand il y a d'autres urgences et dire avec cynisme que tu le fais sur tes fonds personnels est un acte de mépris vis-à-vis des souffrances quotidiennes du peuple dont tu as la charge.
Nommer des hommes de ton groupe ethnique à la tête de la majorité des sociétés d'État et les laisser dilapider les ressources du pays sans contrôle et sans sanctions, tout cela avait fait de la Côte d'Ivoire un pays bizarre où on pouvait tout se permettre y compris les surfacturations des complexes sucriers sans aucune sanction... Ne soyons donc pas étonnés de la suite des événements.
Il faut prendre en compte toutes ces frustrations et les autres couleuvres avalées par les Ivoiriens pour bien comprendre les flammes de joies qui brillaient dans leurs yeux à l'annonce de coup d'État qui renversa l'héritier de l'houphouëtisme M. Henri Konan Bedié, un homme bien connu pour son penchant pour les gros cigares et du bon vin. Il fut chassé du pouvoir dans la matinée du vendredi 24 décembre 1999, dans une sorte de kermesse populaire.
Tout observateur attentif de l'évolution de la Côte d'Ivoire doit prendre en compte l'ensemble des souffrances de la nation ivoirienne pour mieux comprendre la recomposition en cours dans ce pays. Ce qui doit compter désormais, chez l'homme politique dans la Côte d'ivoire qui ressurgira de cette crise sans fin, ce sera moins sa filiation que ce qu'il est par lui-même et le bilan de son action.
Être descendant du roi des Abron de Bondoukou, du roi de Kong, de celui des agnis d'Aboisso, des lobi de Bouna, des baoulé de Sakassou, des sénoufo de Korogho, des yacouba de Danané ou des bété de Daloa, n'a aucune importance. C'est plus le projet politique que tu portes pour faire vivre tous les Ivoiriens ensemble dans une nation libre, digne, solidaire et unie dans un destin national pour construire le bonheur commun qui importe. Le président qui s'assoira demain devant les Ivoiriens pour égrener le chapelet de sa généalogie sait à l'avance ce qui lui sera réservé comme réponse par le peuple en colère.
Les grandes énigmes de l'houphouëtisme : Conclusion générale
Nous serions honnête jusqu'au bout en disant que le président Félix Houphouët-Boigny dans la période florissante du café et du cacao avait réalisé des infrastructures de premier plan, des hôpitaux, des routes praticables, de grandes écoles, un développement spectaculaire de l'agriculture de rente ; par contre il avait négligé l'agriculture vivrière, les paysans ont porté le poids de la production sans en être les bénéficiaires. Le financement des infrastructures par la dette nous enseigne que vivre à crédit, c'est vivre au dessus de ses moyens en hypothéquant son propre avenir.
Nous serions honnêtes de reconnaître que le président Félix Houphouët-Boigny dans la période florissante du café et du cacao avait, certes, réalisé des infrastructures de premier plan, des hôpitaux, des routes praticables, de grandes écoles, un développement spectaculaire de l'agriculture de rente. Par contre, il avait négligé l'agriculture vivrière à tel point que les paysans ont porté le poids de la production sans en être les bénéficiaires. Le financement des infrastructures par la dette nous enseigne que vivre à crédit, c'est vivre au dessus de ses moyens en hypothéquant son propre avenir.
Son alignement systématique devant les intérêts français avait fait de lui un homme couché à plat ventre devant un pays tiers. Les Houphouëtistes doivent sortir de cette logique pour embrasser les temps nouveaux en apprenant aux Ivoiriens à vivre dignement chez eux en organisant leurs propres activités de production, afin de construire une nation digne et respectable dans la vraie justice découlant d'une vraie démocratie. C'est dans une telle voie qu'ils pourront bâtir, ensemble, une économie à leur service et non au service et au bénéfice de la France et de ses anciens comptoirs coloniaux.
Il est possible de réaliser, dans ce pays, une démocratie participative et soucieuse du sort du plus grand nombre d'Ivoiriens et non de l'immédiateté de quelques-uns, toujours les mêmes, qui se considèrent aujourd'hui encore comme les propriétaires du bien commun produit par tous les Ivoiriens.
Nous disons ici, avec force et sans l'ombre d'une ambiguïté aux houphouëtistes d'aujourd'hui, que lorsque dans un pays une minorité accapare la richesse nationale déjà insuffisante produite par la majorité de la population, il y a une iniquité monstrueuse à corriger. C'est en s'inscrivant dans une telle logique qu'ils pourront humaniser l'houphouëtisme et amener les Ivoiriens à se reconnaître en eux.
Comme doctrine politique, l'houphouëtisme était un clientélisme d'État centralisateur, hautain, arrogant, médiocre et méprisant pour l'homme ivoirien dont il voulait construire le bonheur. C'est une doctrine qu' il faut dépasser et déconstruire pour aller vers le nouvel horizon commun. Il faut surtout éviter d'en faire une religion, refuge des opportunistes de la 25 ème heure, des revanchards et de tous les privilégiés d'hier qui n'ont que le retour au pouvoir comme obsession et but de vie.
Nous voulons rappeler aux houphouëtistes, qui veulent nous contredire sur ce point, que nous avons en notre possession une copie du discours méprisant, zélé et laudateur de Grégoire Philippe Yacé, sécretaire général du PDCI-RDA de 1963 à 1980 au meeting du 28 septembre 1963 au Stade Houphouët-Boigny. Après avoir traité, avec une certitude inouïe, ses anciens camarades d'hier accusés de complot et de traîtrise, d' individus tarés, vaniteux, corrompus, sots, imbéciles et orgueilleux par la bêtise , le grand inquisiteur poursuit pour justifier l'instauration du parti unique : les partis multiples sont un facteur de piétinement, de querelles mesquines dans un jeune État en voie de développement. Et peuvent se révéler être un prétexte pour obtenir de l'étranger subsides et mots d'ordre en vue de subversion
La fin malheureuse de Grégoire Philippe Yacé, le dimanche 29 novembre 1998 dans une clinique abidjanaise, nous enseigne qu'en politique, il ne faut pas se précipiter pour insulter l'avenir, car on ne sait jamais ce que la vie nous réserve dans un futur proche et lointain. Les zélateurs finissent toujours par creuser leur propre tombe et se trahissent eux-même, en agrandissant, par leur zèle et leur délation, le nombre de leurs victimes.
En effet comme le dit l'adage, de la même façon dont tu es monté, tu peux aussi descendre brusquement de ton piédestal. C'est pourquoi, dans l'islam, le musulman pieux prie le Très haut de lui permettre de quitter le monde des vivants en emportant l'estime, le respect, l'amitié et la fraternité des hommes. Nous ne croyons pas que Félix Houphouët-Boigny et son laudateur Philippe Yacé, ont quitté ce monde en emportant la moindre parcelle d'estime de notre part.
La Côte d'Ivoire a besoin d'un projet politique unificateur et mobilisateur, pour fonder son renouveau, sa reconstruction ainsi que le vivre ensemble de ses populations qui ne demandent qu'à cohabiter dans la paix, loin des doctrines vénéneuses de la combine et des proclamations démagogiques et tribalistes. Tel est le sens des nouveaux combats que les Ivoiriens doivent mener ensemble pour se soustraire du déchirement dont leur pays est victime pour retrouver leur place aux côtés des patriotes africains en lutte pour la libération totale de notre continent.
Pour cela, ils doivent sortir définitivement de l' ivoirité , ce concept débile qui a fait tant de mal à ce malheureux pays, car il a été fondé, en politique, par les héritiers de l'houphouëtisme pour acquérir une licence de propriété sur la Côte d'Ivoire.
Le grand dramaturge allemand, Bertholt Brecht, résume mieux ici notre propos : Quiconque reste au coin du feu quand la lutte commence, et laisse d'autres défendre sa cause, qu'il prenne garde, car s'il n'a pas pris part à la lutte, il partagera la défaite. Il n'échappera même pas à la lutte en voulant l'éviter, car il luttera pour la cause ennemie, celui qui n'a pas lutté pour la sienne .
Nous vous remercions tous d'avance pour votre aide aux Ivoiriens afin qu'ils puissent conduire les chantiers de leurs propres mutations en affrontant leur histoire récente par la tête et non par la queue.
Car en se voilant continuellement la face, l'Afrique les découvre aujourd'hui dans leur nudité au bord de la route de l'histoire, avec la queue de leur problème en main, pendant que le problème de leur vivre ensemble reste et demeure entier.
Merci de votre attention.
|Dr Serge-Nicolas Nzi*
Notes:
[1] *Dr Serge-Nicolas Nzi Chercheur en Communication, Directeur du centre Africain d'études stratégiques CP. 66 Vezia-Lugano, Ch-6943 Suisse, Tel. 004179-24653.53, e-mail : nzinicolas@yahoo.fr
Source: http://www.afriquechos.ch/spip.php?article3655