Décidément, l'Accord Politique de Ouagadougou (APO) dérange. Beaucoup. Aussi, tous les moyens sont-ils mobilisés par ses détracteurs pour porter l'estocade au processus, pourtant irréversible, de paix en cours. Tous les moyens ? Oui, la délation, le mensonge, l'intoxication, tout y passe. Pourvu que l'APO trépasse. La dernière trouvaille (en attendant, certainement, d'autres), une prétendue ?' négociation du chef de l'Etat avec des chefs de guerre'' pour préparer le départ, en douceur, de ces derniers des Forces nouvelles. Rapportant ces ?' rumeurs'', un quotidien de la place en fait son chou gras dans sa parution d'hier. Et le confrère qui semble au parfum de cette machination qui pue, à mille lieues, l'intoxication, a avancé, de bonne ou mauvaise foi, le montant de 655 millions de nos francs comme la ?' prime exigée par des chefs de guerre'' pour quitter les Forces nouvelles. Définitivement. Sans préciser leur point de chute. Passons. Toujours, selon le confrère, l'ex-commandant du groupe d'intervention de la gendarmerie nationale française, Paul Baril, serait le principal facilitateur entre le Palais d'Abidjan et ceux des ex-rebelles qui auraient choisi ?' ce marché''. En plus, précise le confrère, citant ses sources, le chef d'état-major adjoint des FAFN, le commandant Wattao serait le chef de file des commandants de zone qui auraient mordu à ?'l'hameçon des propositions alléchantes du chef de l'Etat''.
A l'évidence, ?' l'exclusivité'' du confrère n'est rien d'autre qu'un canular, fabriqué, de toutes pièces, par des personnes tapies dans l'ombre qui ont, délibérément, choisi de saboter l'APO. C'est la continuité des attaques en règles contre le Premier ministre Guillaume Soro et les Forces nouvelles qui, eux, ont choisi d'aller à la paix par le biais de l'Accord de Ouagadougou. Lesquelles attaques avaient amené le porte-parole des Forces nouvelles, le ministre Konaté Sidiki, à donner la réplique, diversement, interprétée par les fossoyeurs de l'APO. Après avoir tenté, vainement, de présenter les F.N. comme l'allié qui fait le lit de l'adversaire commun, on veut opposer le leader des ex-rebelles à ses soldats. Pourtant, tout le monde sait qu'en prélude au dialogue direct initié par le camp présidentiel et qui a accouché de l'APO, les F.N. dans toutes leurs composantes, ont planché sur la question. La branche militaire et le directoire politique ont, ensemble, analysé l'appel du chef de l'Etat, avant de décider d'y aller. Mieux, le conseil militaire des Forces nouvelles qui est l'instance de décision des FAFN, dans une déclaration rendue publique, a encouragé le secrétaire général des Forces nouvelles à saisir la main tendue par le président Gbagbo. C'est bien fort du soutien et de l'onction de ses soldats que le secrétaire général des Forces nouvelles, chef suprême des armées dudit mouvement, a constitué la délégation des F.N. pour les pourparlers de Ouagadougou. On connaît la suite. Non seulement l'APO a été paraphé par Guillaume Soro mais ses soldats se le sont appropriés, dans un communiqué de presse signé du chef d'état-major, le général Soumaïla Bakayoko. Peut-on être plus royaliste que le roi ? Assurément, non. Depuis, tous les soldats de rang, sous-officiers, officiers et officiers supérieurs des FAFN s'inscrivent dans cette voie à l'instar du directoire politique. Certes, des questions techniques, purement, militaires, demeurent sans réponses pour l'heure mais cela ne constitue nullement pas un motif de rejet de l'accord par les soldats des Forces nouvelles. Pour être plus précis, la question des grades des FAFN fait l'objet d'un traitement minutieux par les autorités militaires nationales afin de trouver un compromis qui puisse satisfaire toutes les parties sans compromission. D'où vient-il, alors, que des commandants de zone, membres statutaires du conseil militaire des FAFN, veuillent monnayer leurs grades contre de l'argent ? A ce propos, le commandant Issiaka Ouattara dit Wattao, joint, hier à 15h55mn, à Bordeaux (France) où il est en rééducation après une intervention chirurgicale à la jambe, présenté comme l'interface entre l'envoyé ( ?) de Gbagbo et ?' des chefs de guerre'', a marqué son étonnement. ?' Moi, rencontrer un émissaire de Gbagbo ? Ecoute, si tes amis n'ont rien à écrire qu'ils ferment. Ce sont des ennemis de la paix. Parce que c'est de la sorcellerie journalistique, ce que j'ai lu sur le net ce matin. Je n'ai aucun contact ni avec Gbagbo ni avec M. Baril dont ils parlent. Je ne l'ai jamais vu de mes yeux. Vous savez, personne ne nous a obligés à accepter l'accord de Ouagadougou. Nous, on a fait la guerre avec nos frères d'armes du sud. Aujourd'hui, nous avons décidé d'aller, ensemble, à la paix. Où est le problème de ces fauteurs en eaux troubles ? Quand on se battait, est-ce qu'ils étaient-là ? Les Forces nouvelles, comme l'a dit le ministre Dacoury, ne sont des mercenaires de personne. Nous faisons confiance au Premier ministre Soro et à son gouvernement. Qu'on ne compte pas sur nous pour remettre en cause l'Accord'', a prévenu le chef d'état-major adjoint des FAFN avant de conclure ?'qu'aucun chef de guerre n'a séjourné en France pour négocier quoi que ce soit avec qui que ce soit''. En définitive, aucune négociation sur le départ des commandants des FAFN n'est engagée. Sûrement que les ennemis de la paix veulent voir les soldats de Soro retourner l'arme contre lui. Aussi, rasent-ils les rédactions pour les inonder de fadaises, d'informations dénuées de tout fondement. Des man?uvres pour saboter l'Accord de Ouagadougou. On peut le dire sans se tromper, les Forces nouvelles n'ont pas eu tort de dénoncer, ouvertement, l'hypocrisie de certains politiques qui, plutôt que de s'organiser pour préparer des stratégies de conquête du pouvoir, se cachent derrière la presse de feuille de chou pour dénigrer les Forces nouvelles. Depuis quelques jours, nous avons repéré leurs lieu et heure de rencontre. Au moment opportun, les Ivoiriens sauront les vrais ennemis de la paix.
Honoré Sépé