par

Je suis un parfait inconnu de la scène politique ivoirienne et un parfait inconnu tout court. Je fais cependant partie de ces jeunes Ivoiriens qui, en 1989-1990, terminaient leur second cycle universitaire à l'Université d'Abidjan et qui, par conséquent, ont vécu avec ferveur l'avènement et les premiers moments du multipartisme en Côte d'Ivoire. En 2000, je m'apprêtais à soutenir une thèse de doctorat lorsque le Front populaire ivoirien est arrivé au pouvoir. Je peux par conséquent affirmer que je suis un témoin de l'Histoire de la marche de la Côte d'Ivoire vers l'alternance politique et un des jeunes intellectuels de ce pays. C'est en cette double qualité que je porte ce jugement critique sur l'ouvrage de la Première dame, Parole d'honneur. En 1989-1990, les jeunes étudiants que nous étions trouvions inadmissible que dans un pays comme la Côte d'Ivoire où il y avait de grands intellectuels bien formés, le PDCI-RDA, parti unique fût le seul canal d'expression politique. Nous admirions et avions placé beaucoup d'espoir en nos enseignants qui s'étaient donné pour objectif de combattre pour l'avènement de la démocratie et de la confrontation des idées: Bernard Zadi Zaourou, Francis Wodié et la figure emblématique de cette lutte, Laurent Gbagbo qui était entouré de mystère, parce que inconnu de la plupart d'entre nous.
Le multipartisme autorisé, les premières images et les premiers actes de nos "héros" nous ont fait comprendre qu'il ne fallait pas rêver outre mesure avec eux. Nous revoyons encore Laurent Gbagbo à Agboville insultant ses adversaires politiques et traitant les ministres ivoiriens d'ignares et d'ignorants. Nous le revoyons encore, assis dans le salon du président Houphouët-Boigny, en face de lui, les jambes croisées haut, l'air dédaigneux et dans une posture qui montrait l'irrespect et la désinvolture. Beaucoup d'entre nous avaient alors compris qu'on ne pouvait pas attendre grand'chose de tels leaders. Et surtout pas de Gbagbo Laurent qui n'avait aucun égard pour les institutions de son pays et pour les hommes qui l'incarnaient- Ensuite, les batailles de positionnement au sein de ce qu'on appelait la Gauche démocratique ont fini de nous convaincre qu'on avait plus affaire à des hommes qui se battaient pour avoir accès aux fonctions des honneurs et aux privilèges plutôt qu'à des leaders en lutte pour un idéal. La suite ne nous a pas donné tort. Mais beaucoup espéraient que le FPI pouvait faire sa mue et rectifier le tir parce qu'un de ses dirigeants influents est une femme et les femmes sont connues à travers le monde pour leur lucidité, leur sens de l'équité, leur pondération et leur honnêteté. Aujourd'hui, après la lecture de l'ouvrage de la Première dame de Côte d'Ivoire, les mains m'en tombent. Car, si c'est cela vraiment la parole d'honneur de Simone Gbagbo, c'est qu'il y a de quoi désespérer de la Côte d'Ivoire. En effet, après six ans de pouvoir, l'on s'attendait de sa part à une critique raisonnée et rigoureuse de ces six années pour en dégager de nouvelles perspectives pour son pays. Or qu'avons-nous constaté en parcourant Parole d'honneur? Une auto-célébration, un ensemencement de son couple et une diabolisation excessive de tous ceux qui ne pensent pas comme elle. On est surpris et ahuri de constater qu' à un si haut niveau de responsabilité, on peut toujours voir le monde à travers un prisme déformant, avec des ?illères, en étant enfermé dans ses certitudes et en ayant encore une suffisance digne de ceux qui se prennent pour des illuminés ou des messies. Ce livre est un tissu de contre-vérités et d'analyses sciemment et savamment tronquées, menées dans le seul but de continuer à abuser des Ivoiriens. C'est ce qui justifie toue l'armada publicitaire, toute la mobilisation des dirigeants d'entreprises et de directeurs des services publics pour imposer son achat à leurs collaborateurs. Je veux juste rappeler quelques faits qui aideront à comprendre ce qui est arrivé ou qui arrive au pouvoir FPI et que dans Parole d'honneur, la Première dame fait semblant de ne pas comprendre alors que tous ces événements qu'elle évoque sont les fruits des semailles des dirigeants de son parti, avec elle et son époux en tête.
Calomnies et mensonges dans le jeu politique
Dans son ouvrage, la Première dame semble peinée par ce qu'elle considère ou perçoit comme un acharnement, une orchestration calomnieuse contre elle et son époux. Dans la foulée, elle accuse pêle-mêle Radio France internationale, la presse écrite occidentale, les journaux proches du RDR, Allassane Dramane Ouattara... Si ce que dit la Première dame est exact et si c'est ce qu'elle pense vraiment de ces organes de presse et de ces personnalités, c'est qu'en trente ans d'activité politique, elle et son mari n'ont que distiller le mensonge, la calomnie et la diffamation. C'est que elle et son mari se sont ligués sciemment contre leur pays simplement parce que ce n'était pas eux qui étaient au pouvoir. Commençons par le président de la République.
Dans tous les articles et ouvrages publiés par Laurent Gbagbo de 1980 à 1990, de quoi n'avait-il pas accusé ses adversaires politiques sans jamais apporter un minimum de preuve ? Il a écrit et fait publier qu'Houphouët-Boigny et le PDCI-RDA ont fait massacrer 4000 Guébié simplement parce q'un ressortissant de cette région avait déposé les statuts d'un parti politique. En l'écrivant, l'intellectuel et l'historien qu'il était savait pertinemment qu'aucun régime au monde ne peut accepter pour quelque raison que ce soit qu'il soit porté atteinte à l'intégrité du territoire de son pays. Il savait également que le chiffre de 4000 morts était une surestimation exagérée. Mais peu importait. A la guerre comme à la guerre- Pendant de longues années, il en a fait un fonds de commerce. Il a attisé la haine d'une partie des Ivoiriens contre une autre partie. Kragbé Gnagbé qui avait proclamé une nouvelle république avec Gagnoa pour capitale, qui avait armé de pauvres paysans pour installer le drapeau de sa nouvelle république à Gagnoa et qui a fait massacrer des allochtones baoulé, voltaïques ou malinké a été présenté comme un démocrate, un guide éclairé par les dirigeants actuels du FPI. Heureusement que le mensonge n'a jamais pu remplacer la vérité. Arrivé au pouvoir après le décès du président Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié a voulu régler certains conflits qui ne facilitaient pas la cohésion nationale ou qui entretenaient inutilement la méfiance entre certaines ethnies et le pouvoir en place afin de faciliter la concorde. A quoi avons-nous assisté face à un projet aussi noble ? Le président du FPI et son parti ont déployé toute leur énergie pour empêcher sa réalisation : campagne de presse, faux témoignages, missions d'intoxication dans le Guébié... Les mêmes moyens ont été utilisés avec les Abbey quand le président Bédié a voulu renouer les relations qui s'étaient quelque peu distendues entre ce groupe ethnique et le pouvoir PDCI-RDA suite à la mort d'Ernest Boka, un des premiers cadres abbey, à la prison d'Assabou en 1964 dans l'affaire des complots de 1963-1964. Aujourd'hui, pour se défendre des accusations d'assassinat de Téhé Emile, du docteur Dacoury-Tabley ou du comédien Camara Yêrêfé dit H, le président Laurent Gbagbo n'a pour seule explication que de poser la question suivante ; "qu'est-ce que ces morts me rapportent ? Ces hommes n'étaient pas politiquement gênants pour moi." Face à cette réponse, on est tenté de reposer la même question : Sincèrement, en 1964, Ernest Boka était-il si gênant pour Félix Houphouët-Boigny ? Que représentait cet homme au plan politique ? Laurent Gbagbo qui est un historien avisé et qui a une profonde connaissance de l'évolution politique de la Côte d'Ivoire savait que les accusations qu'il distillait ne reposaient sur aucune analyse pertinente. Et pourtant, il en a fait un fonds de commerce de longues années durant. En définitive, les dirigeants du FPI ont passé leur vie à entretenir la calomnie, à vanter les mérites d'aventuriers sanguinaires et à célébrer les contre-modèles. On est donc surpris par l'étonnement de la Première dame devant le fait que des Ivoiriens ou une partie de la communauté internationale apportent leur soutien à la rébellion actuelle puisqu'ils ne font que suivre le chemin qu'elle et ses partisans ont tracé !
RFI, la presse écrite internationale, ADO...
En parcourant Parole d'honneur, on a l'impression que son auteur sort d'un long sommeil et découvre subitement le fonctionnement de ces organes de presse. Non, madame la Première dame. Aucun Ivoirien ne peut vous faire cette injure, encore moins vous-même. Vous êtes une intellectuelle de haut niveau, une femme politique avertie et une militante engagée qui regarde comment fonctionne le monde et certains hommes avec circonspection. Pourquoi faites-vous semblant devant des réalités que vous connaissez ?
De 1990 à 2000, RFI a été le porte-voix de l'opposition ivoirienne. Des étudiants à la fin d'un meeting saccagent les salles de cours et les bureaux de l'Administration à l'Université. La police procède à des arrestations, le FPI proteste, RFI présente ces casseurs comme des manifestants pacifiques aux mains nues et vous-même au FPI, vous accusez le pouvoir de procéder lui-même à des destructions !
Le RDR organise une marche à la suite de laquelle des autobus sont incendiés. Les dirigeants sont arrêtés. Vous vous rappelez certainement l'analyse que la presse internationale en fait avec votre soutien et des fois avec votre participation. D'où vient donc cette acrimonie soudaine, cette diatribe au vitriol contre la presse occidentale ?
C'est maintenant que vous les découvrez ? Non. Mais tant que le bout de l'épée était orienté contre l'autre, c'est avec joie que vous l'enfoncez dans sa chair sans vous demander si cette même arme ne peut pas se retourner contre vous. Où est donc l'éthique dont parle madame Gbagbo ?
Qu'elle se rappelle simplement que c'est sur les antennes de RFI que le président Laurent Gbagbo s'est autoproclamé président de la République de Côte d'Ivoire. En ces temps-là, cette presse était perçue comme la voix des sans voix.
Concernant Allassane Dramane Ouattara, nous pensons que les hommes politiques ivoiriens doivent avoir le courage d'assurer les actes qu'ils posent et arrêter de se rendre ridicules en cherchant à vouer aux gémonies un allié qu'on encensait il y a quelques années. Si ADO est un fléau pour la Côte d'Ivoire, c'est que le FPI n'avait pas autre but que de détruire ce pays lorsqu'il s'était allié à lui. La violence dans le jeu politique
C'est le FPI qui l'a développée en Côte d'Ivoire avec ses paroxysmes le 18 février 1992 et avec le boycott actif de 1995,
Pour moi, il faut que le FPI assume les actes qu'il pose et évite les faux-fuyants. Le 18 février 1992 me rappelle les événements du 06 février 1949 à Treichville. Ce jour-là, les militants du PDCI-RDA, venus boycotter la conférence d'Etienne Djaumant, un adversaire politique qui voulait accuser leur leader, ont été dispersés par les forces de l'ordre. S'en étaient suivis des casses. Et les leaders du PDCI-RDA ont été arrêtés et jetés en prison à Bassam : Bernard Dadié, Mathieu Ekra, Jean Baptiste Mockey...
Dans le troisième numéro de la revue Fondation Félix Houphouët-Boigny, Mathieu Ekra, le secrétaire général de la sous-section de Treichville, a reconnu que débordés, ils n'avaient pas pu maîtriser tous les militants qui ont molesté des gens. C'est cela que l'on appelle la responsabilité, le devoir de mémoire et la parole d'honneur. Le FPI doit apprendre lui aussi à dire sa vérité. Les Ivoiriens ont lu le lendemain de cette marche, les journaux du FPI qui ont écrit, s'agissant des casses que la riposte "des démocrates " avait été à la mesure de la provocation. Et puis, subitement, la version des faits a été modifiée. Mon analyse personnelle est que le leader du FPI, en bon historien, s'est inspiré de l'exemple du PDCI-RDA du 6 février 1949 pour demander à ses journalistes de revoir leur interprétation des faits car il y allait de l'image du parti et ce ne sont pas des tâches qu'un parti de combat comme l'était le FPI laisse seulement à des journalistes. Tout le monde sait que ni Laurent Gbagbo, ni son épouse n'a pris un gourdin pour casser ou des bidons d'essence pour incendier des véhicules- Mais, ont-ils pu contrôler tous les militants qu'ils ont appelés à la marche ? Dans la débandade généralisée, ont-ils pu contrôler les actes de tout le monde ? C'est un débat qui n'est pas encore clos. Il est donc difficile de donner sa parole d'honneur sur un tel événement. La thèse du complot organisée par le pouvoir ne résiste pas à la critique. A propos de la marche réprimée du PDCI et qui a entraîné l'arrestation de ses dirigeants en 1949, voilà l'analyse de Laurent Gbagbo en 1982, à la page 93 de son ouvrage intitulé Côte d'Ivoire: économie et société à la veille de l'indépendance : "Nous constatons seulement que, par son immaturité politique, le PDCI-RDA offrit lui-même aux colonialistes un cadeau royal." Quand on est un homme averti de cette trempe, on ne tombe pas dans des pièges aussi grossiers, nous avait enseigné Laurent Gbagbo. Ce n'est donc pas lui-même qui tomberait aussi facilement dans un tel piège. Que son épouse arrête donc de donner des interprétations qui ne convainquent personne et auxquelles personne ne croit, quinze années après.
L'analyse que la femme de pouvoir qu'est Simone Gbagbo fait du boycott actif donne la mesure de sa vision manichéenne du monde et de sa volonté de tronquer la vérité. Quand on finit de la lire, une seule question vous vient à l'esprit : mais que reproche-t-elle à la rébellion actuelle ? Car à son appel, des militants de son parti ont tué de pauvres paysans ou détruit leurs campements. Des préfets et sous -préfets qui ne demandaient qu'à faire leur travail ont été violentés. Madame la Première dame se souvient certainement encore du fou qui arborait fièrement la tenue de commandement d'un sous-préfet à la une du journal de son parti ? Aujourd'hui, lorsqu'on la voit crier au respect des institutions, cela fait simplement sourire. Quand elle fait semblant de verser des larmes devant des veuves, on ne peut la prendre au sérieux parce qu'avec son soutien, son parti a appelé au meurtre, à la désobéissance civile, à la destruction de biens publics dans ce même pays il n'y a pas encore deux décennies. L'auteur de Parole d'honneur connaît la vérité sur le boycott actif mais les morts, les blessés, les édifices publics détruits, elle les ignore royalement dans son ouvrage qui est pourtant sa parole d'honneur donc une parole de vérité! ! ! De 1990 à 1999, combien de marches de protestation l'opposition n'a-t-elle pas organisées ? Combien de morts avons-nous comptés ? Aucun. Il a suffi pourtant qu'elle et son époux franchissent le pas du palais présidentiel pour que le sang commence à gicler. Octobre 2000, janvier 2001. On entend encore le président de la République donner ordre aux forces armées de se défendre par tous les moyens. Bilan ; des morts et des morts. Mars 2004, pour disperser une marche, chars et MI-24. Plus de 300 morts en une demi journée de manifestation !" Et depuis, le sang, le sang et le sang comme s'il devait servir à fertiliser le pouvoir FPI. Mais ces morts peuvent compter pour pertes et profits. Aucun remords, aucune compassion de la part d'une servante de Dieu pour qui rien ne doit justifier que l'on ôte la vie à un humain. Aucune compassion de la part de la première Dame qui est la mère de toute la nation.
Le FPI a-t-il une vision politique
pour la Côte d'Ivoire ?
La question peut paraître saugrenue pour ceux qui considèrent que pour un parti politique, avoir un projet de société et un programme de gouvernement, c'est produire un document ou un ouvrage. Non. Cette façon de procéder est juste bonne pour la propagande. C'est à l'ouvrage que l'on juge les projets de société et les programmes de gouvernement. Un des grands spécialistes de l'étude des partis politiques nous avertit lorsqu'il écrit :
"Les statuts et règlement intérieur ne décrivent jamais qu 'une partie de la réalité lorsqu'ils décrivent la réalité : car ils sont rarement appliqués de façon stricte (...) Seuls les vieux militants du parti connaissent bien les détours de son organisation et les subtilités des intrigues qui s'y nouent."
Cette affirmation convient parfaitement à ce qui se passe en Côte d'Ivoire et qui ressemble fort bien à une escroquerie morale. Et l'ouvrage de la première dame nous permet de comprendre parfaitement le manque de vision du FPI, son parti, qui n'est même pas encore arrivé à définir un projet de société cohérent pour la Côte d'Ivoire, même aujourd'hui. De la page 93 à 96, elle nous renseigne sur les hésitations du FPI : De marxistes-léninistes pro soviétiques, ils sont devenus maoïstes, d'autres titistes ou trotskistes puis socialistes pour se retrouver aujourd'hui sociaux- démocrates. Laurent Gbagbo a écrit noir sur blanc que seul un régime socialiste avec une économie dirigée pouvait sauver la Côte d'Ivoire. Il se retrouve aujourd'hui à encourager l'économie de marché, projet de société du PDCI-RDA qu'il a pourtant passé sa vie à combattre !" Les leaders du FPI ne savaient pas encore ce qu'ils feraient de la Côte d'Ivoire lorsqu'ils sont arrivés au pouvoir dans les conditions que tout le monde sait. Tous les malheurs actuels de la Côte d'Ivoire viennent de là. Le FPI a le pouvoir d'Etat mais il ne sait ce qu'en faire. Il a bâti son programme de gouvernement sur des projets irréalisables. Objectivement, l'AMU ne pouvait pas fonctionner avant quinze ans et les leaders du FPI le savaient. Il est bon de communaliser tout le pays. Mais avant, s'est-on demandé si les communes qui existent actuellement fonctionnent correctement ? Il est bon de donner la filière café-cacao aux paysans mais en sachant auparavant ce que l'on attend d'eux. A défaut, bonjour les dégâts. La première dame veut nous démontrer que le pouvoir FPI met l'accent sur son programme de gouvernement mais nous constatons que les projets mais les plus urgents sont rejetés aux calendes grecques. Par exemple, avant 1999, un programme d'urgence du président Bédié était en cours de réalisation à l'Université de Cocody. Les bâtiments étaient presque achevés lorsqu'il y a eu le coup d'Etat. Et depuis sept ans, les refondateurs n'ont pu trouver une ligne du budget pour mettre simplement des portes, des fenêtres et des tables bancs. Si vous arrivez à l'Université, jetez un ?il derrière la gare SOTRA ou derrière le Forum, vous verrez ces bâtiments qui se dégradent de jour en jour pendant que des étudiants s'entassent dans des salles de T.D. A Angré, un lycée était en construction. Depuis sept ans, le site est envahi par la broussaille. Pendant ce temps, les enfants de ce vaste quartier sont obligés d'attendre chaque jour des heures et des heures pour rejoindre le centre-ville. C'est après sept ans de pouvoir que les refondateurs ont trouvé de l'argent pour entamer les travaux de finition du bâtiment d'entrée du CHU de Treichville. Et pourtant la santé et l'école sont la priorité de leurs priorités !!! Nous sommes en crise, nous dira-t-on. Mais le FPI a de l'argent pour acheter un véhicule de quarante millions au leader de la FESCI. Nous sommes en crise et la mère de la nation s'est construit une résidence dans un ranch de plus cent mille mètres carrés dans son village. Les scandales financiers, les véhicules rutilants qui ont envahi la ville, les châteaux qui poussent partout... est-ce cela la vision du FPI pour la Côte d'Ivoire ?
A propos du scandale des déchets toxiques, madame Gbagbo se demande qui châtiera Tafigura ou ses alliés internes ou externes ? Mais, dans un Etat sérieux, devant un tel scandale, on écarte tous ceux qui sont impliqués pour laisser éclater la vérité. On ne demandait pas au FPI de laisser tomber ses cadres ou de sanctionner des innocents mais d'avoir du respect pour Ivoiriens. Si madame la Première dame était encore dans l'opposition, je suis convaincu qu'elle aura battu le pavé pour que les responsables proches ou lointains de ce scandale soient punis. Elle les encense aujourd'hui parce que ce sont ses amis. Alors qu'elle donne sa parole d'honneur, on attendait d'elle un peu plus d'objectivité. Car si c'est cela sa parole d'honneur, c'est que la Côte d'Ivoire n'a rien à espérer de la Refondation.
Elankoi Gambou
elankoi@yahoo.fr

www.225.ci - A propos - Plan du site - Questions / Réponses © 2023