Plus de soldats burkinabè en Côte d'Ivoire pour assurer la sécurité du Premier ministre Guillaume Soro. Le projet de loi a été retiré des sujets qui étaient sur la table des députés burkinabè. Les raisons de cette volte-face aux allures de crise politico-diplomatique.
Le contingent de 150 soldats burkinabè qui était annoncé en Côte d'Ivoire pour intégrer l'ONUCI, à l'effet d'assurer la sécurité du Premier ministre, Guillaume Soro, ne viendra plus. En tout cas, pas pour le moment.
Le gouvernement du pays des Hommes intègres a retiré depuis le vendredi ernier, le projet de loi portant Envoi de militaires burkinabè en Côte d'Ivoire?.
Alors que le mercredi 25 juillet, l'Assemblée nationale burkinabè s'était réunie pour examiner ce projet de loi, et que le document y afférent avait même été distribué aux députés. Au demeurant, un communiqué de l'Assemblée nationale diffusé dans la presse locale, à la suite d'un autre communiqué du ministère chargé des Relations avec le Parlement, avait confirmé le mandat qui devait être confié au contingent de 150 soldats : Le contingent militaire burkinabé devrait contribuer à assurer la sécurité du Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro?.
L'annonce du retrait du projet a été faite hier au cours d'une conférence de presse animée par le ministre chargé des Relations avec le Parlement.
La marche-arrière du gouvernement burkinabé semble être une conséquence directe du démenti apporté à l'information par le porte-parole de Guillaume Soro. En effet, sur les ondes de Radio France Internationale, RFI, la semaine dernière, Sindou Méité avait catégoriquement réfuté l'information selon laquelle le contingent burkinabé annoncé devait assurer la sécurité du Premier ministre ivoirien. "Il ne s'agit pas d'envoyer 150 militaires burkinabè pour assurer la sécurité du Premier ministre, Guillaume Soro", avait-il martelé.
Selon une source proche de la délégation du Président du Faso que nous avons interrogée hier par téléphone avant son départ de Yamoussoukro, le président Compaoré a été piqué au vif par ce démenti du porte-parole de Guillaume Soro.
Le facilitateur n'aurait pas apprécié ce revirement de Guillaume Soro, alors que, selon toute vraisemblance, lui-même avait demandé cette mission de soldats burkinabè détachés pour sa sécurité.
Une demande qui sera du reste officialisée par un courrier du Président Laurent Gbagbo. Un membre de l'entourage du Président du Faso n'a pas hésité à parler de trahison. Pour lui, le Burkina se sacrifie pour essayer d'aider les Ivoiriens à sortir de la crise, malheureusement, il est souvent payé en monnaie de singe?.
L'opinion burkinabè parle également d'ingratitude de la part de la classe politique ivoirienne. Pire, Guillaume Soro, lui-même, lors de son débat télévisé le dimanche 29 juillet 2007, a donné une réponse ambiguë sur le sujet.
Même s'il a pris le contre-pied de son porte-parole, il n'a toutefois pas eu le courage de dire clairement les choses : () Il est de bon aloi que le président Blaise Compaoré ait des troupes militaires en Côte d'Ivoire sous le mandat l'ONUCI.
Il est évident que l'attentat a rappelé de façon urgente à l'ordre du jour ce point. Et le président Compaoré que j'ai rencontré effectivement nous a informés qu'il saisirait aussi l'Assemblée nationale pour que des troupes militaires burkinabé puissent venir en Côte d'Ivoire. Pour assurer non pas seulement ma sécurité, ce qui pourrait être une éventualité ( )?, a réagi Guillaume Soro.
Pour éviter donc de s'engager dans une polémique, et surtout ne pas paraître plus royaliste que le roi, le Burkina Faso a décidé de renoncer à l'envoi des soldats pour la sécurité du Premier ministre de Laurent Gbagbo.
Presthone BROU
Soro rattrapé par ses pirouettes
Le président Blaise Compaoré n'entend pas être plus royaliste que le roi.
Eh bien, si Soro veut faire la fine bouche, il ne va pas lui forcer la main en lui envoyant ses garçons pour lui assurer la sécurité.
On ne badine pas avec la dignité et la fierté chez les Hommes intègres.
Il reste au Premier ministre de se débrouiller tout seul avec ses lanceurs de roquettes au RPG 7. Cela s'appelle s'assumer comme un grand.
Il n'aura plus besoin de faire des efforts d'explication pour se justifier devant Laurent Gbagbo.
Par son porte-parole, Méïté Sindou, le chef du gouvernement affirmait que sa sécurité incombe aux FDS de Philippe Mangou. C'est donc en toute logique que le facilitateur a décidé de ne plus en faire un sujet de préoccupation.
Théodore SINZE