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Le Directeur général des affaires maritimes et portuaires, le lieutenant-colonel Brou Clément, veut doter sa structure de moyens efficaces. Voici déjà 7 mois que vous êtes à la tête de la DGAMP. Beaucoup de choses ont été dites sur votre capacité de juguler la grave crise qu'a vécue votre Administration. Quel bilan faites-vous de vos actions ?
Sans autosatisfaction, je dirai que le bilan est positif. Parce que nous avons hérité d'une situation difficile. Nous sortions d'une crise qui s'est déroulée en 2006. Il y a un intérimaire qui a assuré le service pendant 12 mois et qui a fait ce qu'il pouvait. Nous sommes venus en août 2007. Et les caisses n'étaient du point de vue de leur approvisionnement, pas très fournies. Parce que, mon prédécesseur a engagé des dépenses positives pour l'administration mais, qui ne laissaient très peu de marge pour l'exécution de mon plan d'action. Ainsi, nous avons réussi à calmer les agents en payant leurs différentes ristournes. Mon prédécesseur payait par trimestre 192 millions de FCFA, compte tenu du nombre qu'il avait à gérer à l'époque. Dès mon premier trimestre à la tête de l'administration, j'ai payé 196 millions de FCFA. Nous payons maintenant 206 millions de FCFA. Parce que, de l'époque de mon prédécesseur jusqu'à cette période, nous avons intégré les Enarques qui étaient stagiaires et les agents de la police maritimes qui ont pris effectivement fonction. Il y a donc eu un accroissement de près de 200 personnes sur la liste des agents des affaires maritime. Nous nous retrouvons aujourd'hui, autour de 800 personnes. Je pense que mon bilan est positif à ce niveau. Y a-t-il eu d'autres actions entreprises en faveur de vos agents dès votre arrivée à la tête de la direction des affaires maritimes ?
On avait à l'époque le projet de code maritime. Nous avons réussi, mes collaborateurs et moi à ressusciter ce projet. Vu son importance, le Président de la République a souhaité que le gouvernement s'en saisisse. Il sera sur la table des Parlementaires dès l'ouverture de la première législative de 2008. Au niveau de l'accroissement de nos ressources, nous avons réussi à faire passer dans l'annexe fiscale à la loi des finances de l'exercice 2008, le taux de frêts maritimes qui était à 250 FCFA à 1200 FCFA. Ce qui va sérieusement booster nos ressources. A 250 FCFA, mon prédécesseur a réussi à engranger 4 milliards 274 millions FCFA. Et avec 250 FCFA au bout d'une année, si les choses se passent bien, nous passerons autour des 13 milliards de FCFA. Par rapport à cela, nous avons engagé des négociations avec nos partenaires de l'économie maritime (les consignataires), pour que nous harmonisions nos points de vue. C'est-à-dire que, tout en acceptant de payer un peu plus, nous ne sommes pas montés jusqu'au niveau prévu par la loi. Nous avons eu un accord avec eux pour que, au lieu de 12000 FCFA, ils payent 1000 FCFA pour les produits divers et 850 FCFA pour ce qui est des produits alimentaires de grande consommation tels que le sel, le riz, le poisson et également les produits pétroliers. Nous avons donc eu un accord qui nous permet d'accroître nos ressources. Je crois donc que le bilan est positif. Quelle est la réaction des affaires maritimes ivoiriennes face au développement des actes de pirateries et de pillage de nos eaux ?
En matière d'action pour équiper l'Administration, nous avons été invité au cours du mois de février en Italie. Nous avons croisé une société qui construit les patrouilleurs. Nous avons négocié avec une compagnie italienne qui construit les patrouilleurs, l'achat de trois outils. Le projet est donc lancé. D'ici peu, nous verrons le montage financier qu'il faut fixer pour acquérir ces patrouilleurs. Pour l'année 2008, il est fort probable que nous ayons des moyens de surveillance de nos eaux. Au niveau de l'équipement pour la sécurité personnelle de nos agents, nous allons introduire bientôt, un décret. Et même si le code est voté, cela règle le problème de notre statut, les questions de port d'armes, etc. Et donc très rapidement, nous allons acquérir les armes pour pouvoir mener des opérations à la fois sur le plan d'eau que sur le littoral.
Depuis la disparition de la SITRAM, nous remarquons que le chômage de la main-d'?uvre maritime prend des proportions inquiétantes. Qu'avez-vous à proposer au gouvernement ivoirien pour l'aider à faire face à ce problème ?
Effectivement, nous avons reçu un courrier du syndicat des anciens agents de la SITRAM qui menaçait de faire un sit-in devant le domicile du liquidateur de la SITRAM, M. Tiémoko Koffi. Nous avons été ampliateur de ce dossier et nous avons convoqué celui-ci dans nos locaux. Nous avons eu avec lui une séance de travail où il nous a dit que le dossier de la liquidation de la SITRAM est clos. Et qu'il a été transféré à la Direction des participations et des privatisations. Nous avons eu un courrier de cette Direction qui dit que la liquidation a été arrêtée faute de moyens. En fait, il y avait encore des agents qui n'avaient pas encore été désintéressés, mais, il n'y avait plus de matière à liquider, à vendre pour solder le compte de tout ces agents. La liquidation a été donc arrêtée. Nous attendons que ces agents reviennent nous voir pour qu'on essaie de trouver ensemble la solution par rapport au dossier. Quelles sont les perspectives pour les mois à venir ?
Dans un premier temps, nous allons nous atteler à construire les arrondissements maritimes. Aujourd'hui, nous avons sept (7) arrondissements sur le littoral. Nous en avons à Abidjan dans les locaux du port autonome d'Abidjan, à Adiaké, San Pedro, Jacqueville, Bassam et Tabou. Ces structures sont logées dans des villas de particuliers. Et nous devons débourser chaque trimestre, de l'argent pour payer le loyer de ces bâtiments. Aujourd'hui, avec l'accroissement de nos moyens, nous devons passer à une autre phase. C'est-à-dire, faire comme ce que vous voyez un peu partout dans des villes, les bâtiments des impôts qui ont tous les mêmes plans, et qui permet de savoir que c'est un centre des impôts. Nous allons donc construire sur le littoral des arrondissements pour sortir des loyers des maisons de particuliers. Nous allons construire des bâtiments en bordure des mers ou des lagunes. Nous allons prévoir des quais pour pouvoir amarrer nos engins nautiques, de sorte que nous soyons plus à l'aise dans notre travail. Le second point que nous avons déjà démarré concerne l'informatisation générale de notre administration. Nous voulons avoir un système de réseau pour avoir des informations en temps réel sur tout ce qui se passe dans nos arrondissements, sur tout le littoral. Le 3e volet a trait à l'acquisition des moyens nautiques. En dehors du projet dont j'ai parlé avec l'Italie, le budget de l'Etat pour cette année 2008, s'élève à 124 millions de FCFA. Cela va nous permettre d'acquérir 3 engins nautiques pas très grands (entre 7 et 10 mètres). Ces engins vont nous permettre de sortir de la Lagune pour aller dans les premiers mille au niveau de la mer. Il va y avoir un réel décollage des affaires maritimes et portuaires à travers ces grands projets.
M. le Directeur général, peut-on rassurer aujourd'hui, les ivoiriens que vous avez pu juguler le phénomène de piratage ?
Si j'affirme tout de go que tout est prêt et qu'on n'aura plus de pirates dans nos eaux, j'irai trop vite en besogne. C'est lorsque nos engins nautiques (nos vedettes et nos patrouilleurs) seront opérationnels, que nous pourrons faire la bonne surveillance de nos eaux, pour poursuivre tous les pirates et même les dissuader. Aujourd'hui, nous faisons des efforts. Nous travaillons avec nos armateurs locaux qui nous donnent des informations. Puisque nous n'avons pas les moyens de nous déplacer sur le terrain.
Interview réalisée par
Jean -Baptiste Essis
essis06525581@yahoo.fr

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