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L'Abbé James Aka Wadja de l'Eglise Sainte Anne d'Adjamé-Bingerville a prononcé hier dans cette paroisse une importante homélie. L'homme de DIEU a, à l'occasion de cette fête de Noël, expliqué ce que c'est réellement cette célébration. Pour lui, Noël se confond avec Amour, Paix, Justice. Des vertus qui, selon l'Abbé Wadja, ont manqué à ce pays au bord du chaos. En intégralité ici cette homélie de vérité. "Voici que je viens vous annoncer une bonne Nouvelle... Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur."
Frères et S?urs, tel est le message de l'Ange aux bergers de Bethléem, message de joie et d'espérance qui est aussi adressé aux hommes et femmes de notre Temps.
Aujourd'hui, nous devons être dans la joie, car Noël est l'heure de la plus grande joie qui ait sonné pour l'humanité. Oui, depuis que la terre avait été créée, elle n'avait rien éprouvé de tel : le Christ est là, le Sauveur est là, le Prince de la Paix, le Sauveur du péché et de la mort. Mais, pour l'écrasante majorité des habitantes et des habitants de ce pays durement éprouvés et meurtris depuis près d'une décennie en général et en particulier par la crise multiforme qui les frappe, Noël 2007, même s'il est un Noël toujours dépouillé et sobre, doit être l'occasion d'apprendre à comprendre la parole de l'Ange : "Voici que je viens vous annoncer une bonne Nouvelle... "
Ensemble, ce matin, nous voulons faire cette démarche de foi. Nous voulons apprendre à comprendre le contenu sublime de la Fête de Noël qui rassemble aujourd'hui des millions et des millions d'êtres humains dans tous les continents du globe;
La réussite de cette démarche nous conduira à orienter notre réflexion vers trois axes majeurs : d'abord le monde ancien était perdu, ensuite le Christ vient pour sauver l'humanité, puis les raisons de l'allégresse du genre humain.
Nous aborderons, en dernière analyse, la question de la venue du Christ entendue comme une exhortation divine au renouveau et à la renaissance des Ivoiriennes et des Ivoiriens. 1- Le Monde ancien était perdu. Dieu, dans son amour infini, avait créé le monde. Remontons dans le temps et plus précisément à l'origine de la création. Nous lisons ceci dans l'Ancien Testament : "Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait, et tout était très bon" Gn 1,31. Mais bientôt, il en fut autrement du Monde créé par Dieu et qui portait le sceau de son immense ?uvre. L'ivraie du péché envahit la terre, d'abord avec la désobéissance d'Adam et d'Eve, nos premiers parents, dans le Jardin d'Eden et, ensuite avec le crime odieux de Caïen perpétré sur son frère Abel. Et Dieu se repentit d'avoir créé l'homme. Une autre parole divine retentit bientôt sur le monde, parole terrible comme le tonnerre, relative à l'épisode du déluge ; "Dieu regarda la terre, elle était complètement corrompue, parce que tout être sur la terre suivait le chemin du mal " Gn 6,12. Le monde dès lors, était perdu. Ainsi, lorsque du haut de son Trône, le Créateur Tout - Puissant promenait son regard divin sur son ?uvre, il apercevait des créatures qui, se détournant de Lui marchaient sur le chemin de la ruine. Dans son immense bonté. Dieu avait accordé à l'homme, sa créature, tellement de pouvoir dont celui essentiel de continuer son ?uvre, d'être le maître de la terre, dans l'optique de sa collaboration à l'oeuvre divine de création et de salut. Et, fidèle à sa parole, Dieu avait tour à tour favorisé l'avènement de grandes civilisations antiques notamment les monarchies et les empires babylonien, pharaonique, hellénique et hellénistique, macédonien, carthaginois et romain, dès le 30ème siècle avant JC, mais tous se rendirent coupables d'idolâtrie, car sur les montagnes, dans les forêts, dans les temples, dans les sanctuaires, les feux des sacrifices aux divinités que l'homme s'était fabriquées, et le sang des victimes humaines, montaient vers Dieu. Des peuples entiers s'enfonçaient progressivement et de plus en plus dans les sables mouvants de l'immoralité. Le monde perdu criait de plus en plus sa misère. Un grand nombre d'historiens, de poètes, de philosophes païens, surtout grecs et latins, exprimaient dans leurs écrits, de façon poignante le cri de désir du monde d'alors, après un Dieu Sauveur. Nous retiendrons essentiellement cette phrase de Socrate qui dit : "L'état actuel du monde ne peut être amélioré que par un Dieu qui nous montrera, la vraie justice. "
Dans la Rome antique, on ne comptait pas moins de 30.000 divinités, entre autres une foule d'images d'animaux, nous révèlent les historiens. Et chaque vice avait une divinité que l'on invoquait en exécutant un crime. Dans le culte public, l'immoralité, la débauche, les vices de toute sorte célébraient de véritables orgies, sans oublier les vomitoriums. La vie de famille était détruite, car sous le régime de l'Empereur Auguste, les hommes changeaient officiellement de femmes comme d'habits, nous révèlent encore les historiens. L'esclavage était devenu la honte de l'humanité à cette période de l'histoire humaine où les esclaves étaient considérés comme la propriété absolue de leurs maîtres.
En somme, le monde était perdu, tel était le cri qui montait jour et nuit vers le ciel. 2- Le Christ vient sauver l'humanité de ses péchés
Alors vint du ciel cette réponse '."Voici que je viens vous annoncer une bonne Nouvelle" : Le Christ est né. Alors les anges entonnèrent l'hymne de gloire : "Gloire à Dieu dans les cieux et paix aux hommes sur la terre". Alors tour à tour, les bergers vinrent se prosterner dans la poussière, et les mages, depuis le lointain Orient, vinrent adorer et offrir des présents à l'Enfant - Dieu. Le vieillard Siméon, portant l'Enfant dans ses bras tremblants, voulut mourir de joie. Tous étaient dans la jubilation et s'écriaient ;"Le Christ est né. Lumière du monde". Oui, Lumière du monde, un monde qui était noyé dans les ténèbres. Ce mot Lumière a-t-il aujourd'hui perdu sa signification ? Non, car le Christ est né comme Sauveur pour tous les temps, et et l'humanité mortellement blessée par le péché, revit, un sang neuf circulant désormais dans ses veines. Le christianisme alors déclare la guerre à l'esclavage, aux atteintes à la dignité de l'homme et surtout de la femme, la femme alors condamnée "à n'être plus qu'un objet de plaisir et de convoitise, et au fléau des jeux du cirque i,e. des gladiateurs, cette honte du paganisme.
Le Christ est né, et avec Lui, une rénovation des m?urs, et en particulier la charité chrétienne qui a produit tant d'institutions charitables, pour le bonheur de l'humanité, toutes choses qui ont conduit Chateaubriand à écrire son mémorable "Génie du Christianisme". Le Christ est né, et il est aujourd'hui encore le salut du monde, le sauveur des pécheurs, Lui qui est venu chercher et sauver ce qui était perdu. Son Esprit vit encore aujourd'hui, pour le bien de l'humanité tout entière, parce que son ?uvre se poursuit avec amour. Oui, notre salut vient du ciel, c'est pourquoi nous devons nous réjouir, Frères et S?urs. 3- Les raisons de l'allégresse du genre humain
Nous devons nous réjouir, mais il importe de chasser loin de nous toute ingratitude. Dans le Temple de Jérusalem à cette période particulière de l'histoire, l'on distinguait trois choses : le parvis, le sanctuaire et le saint des saints.
Ils sont nombreux hélas, les chrétiens et les chrétiennes qui ne s'attachent qu'au côté extérieur, mais ils ne pénètrent pas au fond. Ils n'osent pas aller plus loin. Noël pour eux, revêt un caractère folklorique, festif. Ainsi, lorsque l'éclat des lumières s'éteint, leur joie se dissipe, car ils n'ont célébré Noël que d'une façon purement extérieure et superficielle. Ils sont alors demeurés sur le parvis. - Pénétrons à présent dans le sanctuaire de la fête de Noël. Ouvrons notre c?ur au message de ce Jour béni de Dieu, à savoir que le Christ, notre Rédempteur et notre Sauveur est né. Pour cette catégorie de Chrétiens, les cadeaux, les lumières et autres guirlandes n'ont pas d'autres sens que de symboliser Celui qui est le plus beau présent de Dieu à ses enfants. - Mais nous ne devons pas nous arrêter à cette seconde étape du sanctuaire. Nous devons alors faire un effort pour pénétrer dans le saint des saints où nous trouverons le Trésor que l'Ange annonçait. Frères et S?urs, le Trésor de Noël est là, le Don le plus merveilleux que Dieu ait jamais fait à l'humanité, le Prince et le Principe de la Paix, la Lumière du monde, qui est notre vrai soleil qui vient nous éclairer sur le chemin de la paix et nous ouvrir à l'Amitié avec Dieu. 4- La Naissance du Christ entendue comme exhortation divine au renouveau et à la renaissance des Ivoiriens et des Ivoiriennes. Oui, le Trésor de Noël est là : le Christ est né. Cependant, quand le Christ naîtrait des dizaines de fois, s'il ne naissait pas en nous, nous serions perdus. Il faut alors que le Christ renaisse en nous spirituellement ; il faut que les hommes et les femmes de notre temps reçoivent son Esprit et se laissent conduire par sa Lumière. Malheureusement, lorsqu'on observe la situation de notre pays depuis le sinistre putsch militaire de 1999 et la tentative de renversement du régime qui s'est muée en rébellion, et qui a entraîné la partition de facto de notre pays, n'est-on pas en droit de se poser la question de savoir si la Côte d'Ivoire court à sa perte ? Ne peut-on pas légitimement se demander, à la lueur des actes intrinsèquement mauvais qui y ont été posés, si les Ivoiriens et les Ivoiriennes se détournent de Dieu ?
En effet, comme aux heures sombres de l'humanité, les ténèbres ont couvert notre pays et l'obscurité s'est brutalement étendue sur ses habitants et ses habitantes. Sous le prétexte fallacieux d'apporter plus de démocratie aux Ivoiriens et aux Ivoiriennes et de les conduire à la paix véritable, l'on a bouleversé l'ordre divin pour, dit-on, asseoir un nouvel ordre.
Alors, on s'est mis à chanter, à jubiler, à danser, à organiser des rencontres festives pour accueillir et exalter l'ordre nouveau présenté "urbi et orbi" comme un ordre salvateur. L'on a alors ouvert notre pays à toutes sortes d'abus et d'excès. L'ivraie qui y avait été plantée, tel un grain de sénevé a produit ses premiers fruits de haine, de violence, de vengeance et de division.
Alors, pour la première fois dans l'histoire de notre jeune pays, des Ivoiriens ont utilisé la force et la violence des armes comme moyen d'expression et de dénouement d'un litige familial. Et depuis, la Côte d'Ivoire n'est-elle pas plongée dans la nuit d'une folle idolâtrie, lorsque la vie de l'homme n'y a guère plus de valeur que la vie des animaux, au regard des images atroces et insoutenables qu'il nous été donné de voir au cours de cette guerre absurde que nous avons connue, ou au regard des massacres qui ont été planifiés lors des manifestations pacifiques de l'opposition politique, au mois de mars 2004 ?
La Côte d'Ivoire n'est-elle pas plongée dans la nuit d'une folle idolâtrie, au regard des nombreuses violations des droits humains, des exécutions sommaires, des crimes crapuleux, des assassinats politiques, des charniers, des fosses communes qui y ont été découverts ?
Le sol de notre pays n'a-t-il pas été depuis lors abondamment arrosé du sang de femmes et d'hommes innocents, et notamment des allogènes dans l'ouest de notre pays, au cours d'élections censées être démocratiques ?
Oui, nous nous sommes écartés de Dieu au cours de cette période permettant ainsi à Satan de construire ses forteresses dans notre pays, lorsque les Ivoiriens sont sauvagement réprimés pour avoir voulu exercer un droit que leur confère pourtant la constitution de leur pays, à savoir celui de manifester.
Nous nous sommes écartés de Dieu en privilégiant l'égoïsme, l'orgueil, la haine et le mépris dans nos rapports avec nos semblables, dans nos propos et dans nos actes, de jour comme de nuit, sur la place publique ou dans nos salons, nous qui avons planté la chienlit et exporté la violence aveugle dans la rue et à l'école et qui avons pris pour cible des biens publics et privés, en incendiant des sièges de partis politiques et d'organes de presse et en nous en prenant au personnel et aux véhicules de l'ONUCI, nous livrant même à une chasse injustifiée à l'étranger au nom d'un nationalisme et d'un patriotisme débridés, pour défendre la constitution et les institutions de la République, lesquelles étaient pourtant en danger en 1999. Nous nous sommes écartés de Dieu, en important les déchets toxiques pour de l'argent et en réhabilitant dans leurs fonctions les auteurs de ces crimes, en empêchant des hommes de presse de faire leur noble travail.
Oui, des fleuves de sang ont coulé sur cette terre naguère prospère, hospitalière et havre de paix, et dont les cadavres des malheureuses victimes, tout au long de cette période, en ont fécondé les champs. Frères et S?urs, nous avons suivi les chemins du mal, de la ruine et de la mort, tout au long de la traversée du désert qu'a connue la Côte d'Ivoire notre pays. Nous n'avons pas observé la charte universelle que Dieu nous a donnée, à savoir l'Amour de Dieu, l'Amour et le service du prochain. Nous sommes dès aujourd'hui, invités à nous détourner de nos idoles, à nous débarrasser des vilains sentiments qui nous maintiennent dans l'esclavage du péché. Nous sommes invités à sortir du cachot où nous enferme notre égoïsme pour entrer dès à présent, dans la lumière de JC, pour retourner vers Dieu, en manifestant envers tout Ivoirien, toute Ivoirienne, tout habitant ou toute habitante de ce pays, par delà sa race, sa région, son ethnie, sa religion, ses options politiques, sa situation sociale, un amour fraternel. Nous devons comprendre que notre salut vient de JC dont nous devons accueillir joyeusement l'amour en ce jour de Noël, un amour qui peut guérir les blessures de notre c?ur, un c?ur envahi par l'orgueil, la haine, la méchanceté, les velléités de division ethnique et religieuse et de partition géographique de notre pays, pour qu'à notre tour, nous puissions apprendre enfin à aimer toujours davantage nos frères, afin de reconstruire notre société qui sera une société de pardon, d'amour, de justice, de paix, de tolérance, une société véritablement et totalement réconciliée avec elle-même et avec tous ses enfants.
Demandons au Seigneur de rendre nos c?urs disponibles, ouverts et accueillants au message de Noël qu'il nous apporte.
Puisse le Seigneur Jésus Christ nous accorder cette grâce de Noël ! Paix et Bonheur à vous toutes et à vous tous !
Bonne Fête de Noël !
Abbé James AKA WADJA
Mardi 25 Décembre 2007

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