Ce n'est pas un film coup de poings. Mais un documentaire d'1H3O qui retrace la vie du boxeur Mike Tyson avec surtout ses ombres. C'est-à-dire au moment où le ciel semblait lui tomber sur la tête. L'?uvre éponyme (" Tyson " est de l'américain James Tokack. Et le film a été sélectionné dans la catégorie " Un certain regard " au dernier Cannes. " Nous avons tourné trente heures d'images en une semaine, que nous avons montées pendant douze mois. " Explique au magazine Première, le réalisateur. Ce qui donne de ce fait au film, "le ratio tournage/ montage le plus important de l'histoire du cinéma " Mais tout n'a pas tourné comme sur des roulettes. Les difficultés, il y en a eues. Parce qu'il s'agit de la triculente vie de Mike Tyson. Avec ses lumières, mais surtout ses ombres. " Nous entretenons, explique encore James Toback, une amitié très forte depuis vingt-deux ans. Mike sait que sa carrière de boxeur est terminée et voulait laisser une trace ". L'?uvre se veut ouvertement psychée, plongeant dans la nature complexe et obscure du boxeur. La réalisation alterne entre monologue et commentaire comme certains épisodes incontournables de sa vie. Tour à tour, le spectacle découvre pourquoi il a mordu l'oreille de Holyfield à l'occasion d'un combat. Tyson évoque aussi les accusations de viols dont il a été victime. Il parle en plus de sa conversion à l'islam, son séjour carcéral, ses longs moments d'isolement, sa fortune démesurée et à la fin, la déroute. C'est-à-dire le retour à la case départ. Au point qu'il soit obligé de retourner sur le ring pour pouvoir joindre les deux bouts. A la fin, l'homme est apparu, comme bouleversé par sa propre vie mise à l'écran. " Quand il l'a vu pour la première fois, il est resté silencieux pendant cinq minutes, assis dans un coin de la salle.? Révèle le réalisateur. En fait, il revivait sa vie tumultueuse avant de craquer. La résumant lui-même à une tragédie. Ça ressemble, résume le boxeur, à une tragédie grecque. Le seul problème, c'est que j'en suis le sujet.? Le film ne semble pas être au goût de la bonne société américaine qui jusque-là le ravale à un vulgaire violeur de femme. Moi, pourquoi consacrer un film à Mike Tyson ? Ce n'est qu'un violeur bouffeur d'oreilles.? S'est d'ailleurs plaint au réalisateur, une femme qui fait partie des "bonnes gens" de l'insolente Beverly Hills.
Guéhi Brence