Le ministre Hubert Oulaye fait un tour d'horizon de l'actualité dans cet entretien. Des journaux ont fait état, récemment, de ce que vous venez de vous offrir des véhicules de grand luxe. Ceux qui ont fait la révélation se sont montrés choqués d'autant qu'il est avéré que la pauvreté grandit et touche plus de la moitié de la population aujourd'hui. Qu'en est-il exactement ?
Merci de me donner l'occasion de m'exprimer en cette période où l'on tente de troubler l'esprit des Ivoiriens en essayant de faire passer dans l'opinion un certain nombre de jugements hâtifs qui souvent même frisent la calomnie, le mensonge, la médisance tout simplement. Un ministre est un citoyen comme les autres. Au niveau de mon parc automobile, j'avais un véhicule de type 4X4, un autre à double cabine, un véhicule pour mon épouse et un véhicule personnel. C'étaient des véhicules d'occasion que j'avais acquis il y a assez longtemps. Et comme tous les véhicules d'occasion, la plupart sont tombés en panne. Mon épouse n'avait plus de véhicule depuis 2004, à la suite suite d'à un accident de la circulation dans lequel un de mes collaborateurs a perdu la vie. Nous avons, ensemble, économisé et nous sommes allés à Dubaï pour acheter un certain nombre de véhicules, des véhicules d'occasion. Peut-être qu'en voyant ces véhicules, on a pensé que c'étaient des véhicules qui m'étaient revenus chers. Les quatre, au total, n'ont même pas coûté 30 millions. Comment avez-vous accusé le coup ?
Ce que j'observe, c'est qu'il y a aujourd'hui comme une action planifiée de dénigrement des ministres, de dénigrement de tous ceux qui sont autour du Président de la République, par le biais soit de leur train de vie supposé, soit de leurs moyens supposés A mon avis, tout cela participe d'une volonté de dénigrement qui a une connotation strictement politique et non pas morale. Un ministre est un citoyen comme les autres. Il a le droit d'avoir des moyens pour circuler, d'avoir un toit, d'aller où bon lui semble, pourvu que ce qu'il dépense soit de l'argent qui lui appartient. C'est ça qui doit être important, sinon on en viendrait à cloîtrer les ministres dans des situations où, en vérité, ils pourraient être plus malheureux que le citoyen le plus paumé de Côte d'Ivoire. Vous semblez avoir une préférence pour les véhicules d'occasion. Pourquoi ?
J'ai dû faire cette précision, à mon corps défendant, pour éclairer l'opinion. En réalité, je n'ai pas une préférence pour les véhicules d'occasion. C'est que mes moyens ne me permettent pas de m'offrir des véhicules que j'aime. Je suis un homme politique, j'ai besoin de matériel roulant pour mener mes activités politiques, mais je n'ai jamais acheté de véhicule neuf. Dans la foulée des rumeurs, il y en a beaucoup autour de l'ENA (l'Ecole nationale d'administration)
Vous êtes même très gentil de circonscrire ces rumeurs à l'ENA. Tous les ministères qui ont la charge de recruter du personnel pour l'Etat par le biais des concours font l'objet de rumeurs. Que ce soit à l'ENA, ou à la Fonction publique ou à la police, tous ceux qui réussissent sont considérés comme des tricheurs qui ont payé le diplôme ou qui ont bénéficié d'un coup de pouce L'ENA est, pour nous, une école d'excellence. Chaque année, le nombre de candidats qui frappe aux portes ne cesse de croître. Nous sommes aujourd'hui à 15 000 candidats pour à peu près 500 postes. Il y a forcément des rumeurs qui partent de là. Il y a 14 500 candidats au moins qui seront recalés et qui penseront qu'ils méritent de se retrouver à l'ENA, qu'ils ont bien préparé leurs examens, mais n'ont réussi que ceux qui ont payé ou ont des appuis. Ce sentiment persiste certainement parce que les malheureux candidats n'ont pas de voie de recours
Que ce soit à l'ENA ou à la Fonction publique, il est prévu, pour les candidats malheureux, un droit de réclamation. J'invite toujours les parents et les élèves qui pensent, à tort, qu'ils n'ont pas été retenus, àde faire des réclamations pour qu'on regarde si, effectivement, les notes qu'ils ont obtenues devaient les porter sur les listes des admis Je suis ministre de la Fonction publique depuis l'an 2000 et chaque année après le concours, on me fait le point en ce qui concerne le niveau. Le niveau est très bas Il est arrivé qu'on soit allé repêcher jusqu'à 9 de moyenne pour l'admissibilité. Alors, quand des gens viennent dire qu'ils ont bien travaillé et qu'on les a mis de côté, c'est tout à fait faux. Pour les concours à venir, avant même qu'ils ne commencent, nous allons édicter un certain nombre de règles pour rassurer tout le monde et donner à chacun des éléments pour que ses droits soient respectés. L'un des reproches fait à cette institution serait que pour y entrer, il faut payer. On le dit, je l'entends, mais je n'en ai pas encore eu la preuve matérielle. Ce que je sais par contre, c'est que beaucoup de parents et de candidats viennent nous voir pour se plaindre d'avoir donner de l'argent en pure perte. Ce qui est la preuve, par l'inverse, que ce n'est pas l'argent qui fait qu'on est admis. L'ENA est une école d'excellence. N'y va pas qui veut. En France, n'importe qui ne peut pas présenter le concours de l'ENA. Ici, il suffit d'avoir le baccalauréat, la maîtrise et l'on s'en va postuler, alors que c'est une école d'excellence. Et après, on est surpris de n'être pas admis. Sur le dernier concours, beaucoup de choses se racontent. Vous êtes ouvertement mis à l'index par un collectif dit de jeunes diplômés
Il se dit effectivement qu'à la dernière étape du concours supérieur, j'aurais convoqué le jury, après qu'il a terminé les interrogations, pour orienter les résultats. Si ceux qui le disent avaient été courageux pour décliner leurs identités, je n'aurais même pas intenté un procès contre eux. Je les aurais invités tout simplement à me dire quelles notes ils pensent avoir obtenues. J'aurais appelé le jury pour qu'il me donne les notes de tous ceux qu'ils ont interrogés. Et l'on aurait vérifié. Tout simplement. Il est vrai que je connais certains membres du jury, mais ce n'est pas moi qui leur dicte ce qu'ils doivent faire. Je ne les appelle même pas lorsqu'ils finissent leur travail. J'apprends les résultats au même moment que les candidats. Si je devais intervenir dans les délibérations, ça ne sera pas de façon aussi cinématographique. Il y a peut-être une part de vérité dans les rumeurs qu'on fait circuler. Si c'est le cas, je souhaite qu'on m'aide à découvrir cette vérité, en venant courageusement me donner les faits, mais également en exerçant ses droits de réclamations. Je suis sûr que beaucoup d'étudiants seraient déçus s'ils le faisaient.
L'ENA, dites-vous, est une école de référence. Pourtant elle est décrite aujourd'hui comme un exutoire pour tous les jeunes qui ont mené la lutte patriotique. On y retrouverait pêle-mêle, Serges Kassy, Hanny Tchelley, Tiéhi Joël, pour ne citer que les plus célèbres Je l'ai appris également. Et, j'ai été étonné comme beaucoup de personnes. Mon étonnement découlait du fait que les personnes concernées sont des vedettes. Hanny Tchelley, Tiéhi Joël, Serges Kassy, sont des personnes publiques avant même d'être des patriotes et leurs activités sont connues de tout le monde. L'ENA est ouverte à tous les Ivoiriens. Un planteur qui remplit les conditions, c'est-à-dire qui a les diplômes, la nationalité et l'âge requis, qui a planté pendant 10 ans et qui décide de présenter le concours, est libre de le faire. S'il est chanteur et qu'il décide de faire l'administration, pourquoi ne pourrait-il pas le faire ? Il est libre de faire les deux Par la suite, j'ai compris qu'en vérité c'était une rumeur pour dire qu'il suffit d'être Jeune patriote pour entrer à l'ENA. Heureusement, les intéressés eux-mêmes sont intervenus pour dire qu'ils n'ont jamais décidé de laisser tomber leurs activités et qu'ils n'ont jamais été admis à l'ENA. Donc on a compris que tout cela n'était qu'une machination pour discréditer l'ENA, ses responsables, le ministre de la Fonction publique et au-delà, le Président de la République. Maintenant la vérité est faite : à l'ENA, il n'y a ni Serges Kassy, ni Hannie Tchelley, ni Tiéhi Joël. Pourquoi ceux qui ont dit cela ne reprennent pas la parole pour dire qu'ils se sont trompés ?
Les médecins l'année dernière ont bénéficié d'une mesure exceptionnelle pour entrer à la Fonction publique sans passer par le concours d'entrée. Revoilà le concours cette année, boycotté par le collectif des médecins chômeurs. Y a-t-il incompréhension ?
Le concours d'entrée à la Fonction publique des médecins n'est pas supprimé. L'année dernière, c'était une situation particulière. Le ministre de la Santé a saisi le Président de la République et a défendu la situation que nous traversions au plan de la santé, avec le retrait des ONG et les organisations internationales qui étaient venues nous aider. Il lui a dit qu'elles se retiraient à cause de la crise et que la situation était alarmante, surtout dans les zones centre, nord et ouest et qu'il fallait faire un effort, ne pas attendre le concours pour recruter. Le Président de la République a accédé à cela, et nous avons recruté 1200 médecins. Il était clair que c'était une dérogation exceptionnelle et non une nouvelle règle instituée au profit des étudiants en médecine ou des médecins sans emploi. Quand j'arrivais à ce poste en 2000, le problème était pendant. Les médecins ne voulaient pas passer le concours sous prétexte qu'ils étaient indispensables. Je leur ai dit que celui qui a besoin d'eux, c'est le gouvernement. C'est à lui de dire si oui ou non, ils doivent passer le concours. Le gouvernement a besoin des médecins, comme il a besoin des policiers, des enseignants, des militaires, des chauffeurs. Mais notre législation a décidé que pour entrer à la Fonction publique il faut un concours. Et cette législation s'applique à tout le monde. La médecine, par essence, est une profession libérale. Les médecins ne sont même pas faits pour être à la Fonction publique. Pourquoi, alors que l'université forme des enseignants, des juristes, on prendrait seulement que les médecins et les autres devraient aller se débrouiller ailleurs ? Ce serait une injustice. Le concours n'a pu se tenir. Sera-t-il reprogrammé ?
Nous allons reprogrammer le concours et s'ils ne viennent pas, on va déclarer que le concours, cette année n'est pas organisé et c'est tout. Des candidats d'un tout autre type ont manifesté récemment relativement à une question de non-conformité de leurs diplômes. De quoi s'agit-il ?
A la Fonction publique, nous exigeons des diplômes, mais des diplômes qui sont reconnus par l'Etat ivoirien. Et la reconnaissance par l'Etat ivoirien se fait de notoriété. On sait que le CEPE, le BEPC, le Bac, le DEUG, la licence, la maîtrise sont des diplômes officiellement reconnus, de même que le BTS, les diplômes d'ingénieurs de l'INP-HB, de l'école d'agronomie Il se trouve que ce ne sont pas les seuls diplômes qu'on nous présente. Il y en a qui ont des diplômes à l'extérieur. Pour ceux-là, il y a une équivalence qui est établie au niveau de l'Enseignement supérieur qui est habilité à dire que tel diplôme est équivalent à tel diplôme ici. Il se trouve que nous avons en Côte d'Ivoire, à côté des diplômes qui sont reconnus au plan national, des diplômes qui sont délivrés par des écoles professionnelles. Pour ces diplômes, nous demandons que les détenteurs aillent les faire valider au niveau du ministère de l'Enseignement supérieur et nous les prenons en compte. Lorsque cette procédure n'est pas respectée, nous ne pouvons pas les accepter.
Il appartient aux écoles qui délivrent ces diplômes écoles de faire en sorte que les diplômes soient valides et utilisés au niveau de la Fonction publique. Le problème n'est pas à notre niveau, il est ailleurs. Revenons aux médecins. A-t-on pu évaluer aujourd'hui de façon plus précise les conséquences de leur dernière grève ?
Le ministre de la Santé est le mieux placé pour en parler En tout état de cause, il y a eu des conséquences au plan humain. C'est la raison pour laquelle, l'Etat a inscrit le secteur de la santé au nombre des 14 secteurs qui sont soumis au service minimum en cas de grave. La grève est un droit, mais également, la vie reste un droit pour tous les Ivoiriens. Et les Ivoiriens payent leurs impôts qui constituent les salaires des médecins.
Les revendications pour lesquelles ils sont allés en grève étaient, d'ailleurs, en train d'être réglées lorsque pour des raisons qui, en vérité, ne sont pas liées à ces revendications, mais à des problèmes internes à leur syndicat, ils ont débrayé. Le gouvernement a donc réagi comme vous l'avez vu pour que, plus jamais, nous n'ayons de grève de cette nature.
Quelles sont ces sanctions ?
Elles sont de plusieurs ordres. Nous avons distingué le bureau du syndicat des autres grévistes. Le bureau du syndicat porte la responsabilité d'avoir conduit une grève illégale, sans service minimum. Les salaires des membres du bureau ont été entièrement coupés et, en plus, ils ont fait l'objet d'un blâme. Pour les autres grévistes, c'est la moitié du salaire qui a été retenu. Ce qui est important, c'est la décision du gouvernement de faire en sorte que désormais, toute grève, légale ou illégale, fasse l'objet de la mise en ?uvre des dispositions qui sont prévues en la matière.
Quelles sont-elles ?
Une grève légale entraîne, pour celui qui la fait, une retenue de salaire proportionnelle au nombre de jours de grève. Lorsque la grève est illégale, le gréviste encourt des sanctions disciplinaires dans un premier temps. Ensuite, on lui coupe son salaire. Et là, la loi ne prévoit rien. La liberté est laissée à l'appréciation du ministre de la Fonction publique, du ministre de tutelle et du gouvernement. Nous avons décidé que lorsque la grève est illégale, on coupe tout le salaire. On peut même aller plus loin avec des mesures disciplinaires et même la révocation de la Fonction publique, parce que c'est un abandon de poste. Si la grève est suivie de violence ou de non respect du service minimum, alors ce sont des circonstances aggravantes pour lesquelles le gouvernement a demandé que l'on sévisse désormais. Des enseignants ont observé une grève depuis le début de l'année scolaire, sans frais pourtant Nous en avons été informés tout à l'heure (jeudi après-midi, Ndlr). qu'il y a des enseignants qui sont en grève depuis septembre. Le ministre de l'Education nationale en a fait le constat et nous a donné la liste de ces enseignants. Ils vont être sanctionnés. Ils verront leurs salaires coupés. Nous allons voir comment mettre en ?uvre une procédure disciplinaire. Au bout du compte, il est possible qu'ils soient révoqués. Ce sont des sanctions qui vont être appliquées maintenant de façon systématique. On ne peut pas continuer à jouer avec l'Etat. Depuis deux ans et même plus, les revendications des fonctionnaires ont fait l'objet d'une écoute très attentive. Nous avons organisé un forum qui a arrêté les grandes lignes de ce qui doit constituer les réformes pour améliorer de façon notable la situation des fonctionnaires. Et pendant ce temps, il y en a qui prennent la grève comme le seul moyen d'expression de leur mécontentement ou de leurs revendications. Cela a été rendu possible parce que nous avions opté pour la conciliation. Il y en a qui croient que c'est de la faiblesse. Maintenant, ils vont voir l'autre côté de la médaille A quel moment une grève est-elle considérée comme illégale ?
Une grève est légale quand le syndicat saisit les responsables de son ministère en vue de régler le problème. Si ce n'est pas réglé, il saisit le ministre. Si celui-ci ne trouve pas de solution, il l'impute au ministre de la Fonction publique. Et si les tous deux n'y parviennent pas, alors on remonte au Premier ministre qui est le chef du gouvernement. C'est lorsque le chef du gouvernement n'a pas pu régler le problème posé, qu'un préavis de grève peut être déposé. Cette procédure a été conçue pour éviter de gêner le fonctionnement de l'administration. L'administration n'est pas une entreprise privée. Avant de la bloquer, il faut donner la possibilité à tous les décideurs, le Président de la République excepté, d'intervenir en vue de trouver une solution.
Nous entendons déjà les leaders syndicaux crier au bâillonnement du droit de grève. La dernière étape de la procédure pourrait ressembler fort à du dilatoire. Le Premier ministre pourrait ne pas être toujours disponible
Je pourrais vous renvoyer l'observation en disant qu'on ne rencontre pas le ministre non plus dès son réveil le matin. Et pourtant, quand ils ont des revendications, les ministres sont présents pour écouter ces syndicats. Pourquoi, alors que le litige a été soumis, examiné avec le ministre, le Premier ministre ne pourrait pas les recevoir ? Si le problème persiste, ce ne sont pas eux seulement qui demanderont à ce que le Premier ministre intervienne. Le ministre lui-même le demandera aussi puisque son service connaît des problèmes. Chaque fois, du reste, que le Premier ministre a été sollicité, il a reçu les grévistes. Le problème, c'est de savoir ce que l'on veut. Vous avez évoqué le forum social tout à l'heure. Que deviennent ses résolutions ?
Le forum social a été organisé et il faut s'en réjouir. Il devait se tenir en décembre 2002. Malheureusement, à cause de la guerre, il n'a pu se tenir que cinq années plus tard. Le principe du forum a été accepté parce qu'il permet au gouvernement de savoir, en une seule fois, les problèmes posés par l'ensemble des fonctionnaires et travailleurs du privé. On l'a voulu pour avoir une vision synoptique, globale, des problèmes et leur apporter des réponses globales et cohérentes. L'ensemble des fonctionnaires, pour ce qui concerne le secteur public, veut une modification des statuts, une revalorisation salariale Pour ce qui concerne le secteur privé, grosso modo, il y a eu des critiques contre le code du travail. En gros, nous avons fait des avancées importantes avec ce forum. Il a été décidé de voir tous les contours. C'est un gros travail. Nous nous y attelons sous la pression des uns qui font des grèves par-ci par-là. Je peux vous dire que je me suis fixé un terme. Au plus tard le 31 décembre, nous devrions avoir fini avec le statut de la Fonction publique et nous l'aurons présenté au gouvernement. Nous avons décidé également d'examiner une revalorisation salariale, d'examiner les possibilités d'accorder des indemnités complémentaires aux fonctionnaires. Tout relève encore du virtuel. Aucun acquis concret à ce jour ?
Au plan du profil de carrière, de la retraite, le souhait au niveau du forum a été que l'on puisse mettre en option la sortie de la Fonction publique après 30 ans de service. On a souhaité également qu'il puisse y avoir une prolongation de l'âge de retraite. Sur ces problèmes-là, le Président de la République, à la clôture des travaux, a donné son accord. pour que toutes les demandes touchant les statuts des fonctionnaires soient examinées. Il a donné son accord pour la suppression de la retraite après 30 années de service, Il a donné son accord pour la revalorisation de la grille indiciaire de certains emplois, c'est le cas par exemple des médecins, des enseignants Il a donné son accord pour qu'on étudie un éventuel déblocage des salaires d'ici à juillet 2008 ; et nous sommes en train d'y travailler. D'ores et déjà, le Président de la République nous a instruit de mettre fin à la retraite après 30 années de service, et c'est fait. C'est un des acquis du forum. Il y en a d'autres qui viennent. Vous avez procédé récemment à la décoration de plus de 300 fonctionnaires. Que recouvre cet événement historique ?
Ce fut une très belle fête. Les récipiendaires ont été très heureux Notre préoccupation est de faire en sorte que les fonctionnaires également reçoivent des décorations. Nous avons un lot important de fonctionnaires à décorer sur les deux années à venir. La communication semble être le talon d'Achille du ministère de la Fonction publique. Vous avez, semble-t-il, un projet pour y remédier
Les fonctionnaires, c'est 109 000 personnes qui sont concernées, de tous les ministères. Ces personnes-là n'ont aucun support en matière de communication qui constituerait un lien entre eux. Ce n'est pas une bonne chose. Nous sommes en train de créer un périodique pour mieux communiquer. Le public doit savoir comment fonctionne sa Fonction publique, quels sont ses problèmes, comment elle est organisée Ce périodique sera un bon instrument, un bon lien entre tous les fonctionnaires. Dans le même ordre d'idées, nous allons d'ailleurs célébrer à partir de l'année prochaine la journée de la Fonction publique. Ce, parce que c'est à la fois une nécessité et une exigence du Conseil panafricain des ministères de la Fonction publique. Nous le ferons pour ouvrir la Fonction publique, permettre à tout le monde de voir ce qui se'y fait à la Fonction publique. Le faisant, nous avons également en projet de faire en sorte qu'il y ait un brassage des fonctionnaires, qu'ils se connaissent. Un mot sur le projet de logement des fonctionnaires que vous nourrissez discrètement
C'est une vieille idée sur laquelle nous travaillons depuis bientôt cinq ans. Nous ne voulons pas créer, pour l'instant, trop d'illusions au niveau des fonctionnaires. Quand les choses seront prêtes, nous allons en parler. Notre objectif, c'est de faire en sorte que chaque fonctionnaire puisse, en partant à la retraite, disposer de sa propre maison. C'est difficile, triste souvent, de voir des fonctionnaires partir à la retraite sans savoir où déposer leurs affaires alors qu'ils ont eu une carrière honnête et loyale. Il y a des financiers qui sont d'accord pour nous accompagner, nous sommes très avancés dans le projet. Mais comme je l'ai déjà dit, nous communiquerons sur ce sujet quand tout sera bouclé.
Interview réalisée par
Elvis Kodjo