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L'année 2007 doit donner le top départ d'une renaissance. Beaucoup d'Ivoiriens qui, sans épouser les thèses maximalistes des négationnistes patentés, avaient commencé à être possédés par le doute, l'angoisse et le découragement, se mettent à espérer. Ils voudraient ardemment que les fruits de 2008 soient à la hauteur des promesses des fleurs de 2007. Bien avant les v?ux de fin d'année des hommes politiques qui sont porteurs d'espoir, les Ivoiriens et particulièrement les Abidjanais ont très bien apprécié le déploiement massif et impressionnant des forces de sécurité dans les rues à l'occasion des fêtes de fin d'année. Pour avoir régulièrement tiré à boulets rouges sur le racket, la presse avait là le devoir de rendre hommage aux autorités de police et de gendarmerie qui ont eu l'ingénieuse idée d'organiser la dissuasion par la présence visible et remarquable de 1000 policiers et gendarmes. Les grands centres commerciaux, les banques et établissements financiers ont été sécurisés. Mieux encore, des centaines d'agents proposés à la circulation ont aidé à réduire la pénibilité liée aux interminables embouteillages durant les fêtes de fin d'année. Une fois n'est pas coutume: les agents de l'ordre et de sécurité se sont fait remarquer de manière positive. Mille fois merci ! Les Ivoiriens attendent que 2008 vienne confirmer ce qui devait être la mission normale des forces de l'ordre: assurer effectivement la sécurité des hommes et de leurs biens sans les traumatiser, les racketter. Le pari peut-il être tenu? Il le faut impérieusement. C'est pourquoi le commissaire du gouvernement, Anges Kessi, ne doit pas être perçu comme un justicier solitaire ramant à contre-courant d'une tendance générale au gain facile. Même si, pour des raisons politiciennes, certaines personnes ont instrumentalisé le racket à travers les contrôles des pièces d'identité en parlant d'une philosophie d'exclusion et de catégorisation des citoyens, le retour à la paix, à la réunification du pays passe par une vraie libre circulation des biens et des personnes. Malheureusement, la suppression de la zone de confiance et des lignes de front n'est pas suffisante: elle est significative d'un nouvel état d'esprit, d'avancées indéniables; mais, elle mérite d'être complétée par le démantèlement de tous ces corridors à l'entrée et à la sortie de chaque grande ville, ainsi qu'à différents endroits des routes nationales dont l'autoroute du nord. Comment rétablir la fluidité routière et la confiance des pays de l'hinterland que les ports d'Abidjan et de San-Pedro courtisent assidûment si les barrages routiers font perdre en moyenne deux à trois jours de trafic? C'est pourquoi les Ivoiriens attendent, avec beaucoup d'espoir, la suite qui sera réservée à la plainte que des passagers ont portée de manière collective pour avoir passé 48 h entre Daloa et... Abidjan. Rien qu'à cause des tracasseries et contrôles dont le but n'est pas tant d'arrêter des personnes non en règle mais de leur soutirer de l'argent. Même si les rumeurs persistantes et récurrentes de coups d'Etat n'incitent pas à lever les barrages, force est de constater qu'ils n'ont pas non plus empêché les armes d'entrer et de servir le 19 septembre 2002.
Au plan politique, 2007 a été incontestablement l'année la plus porteuse d'espoir depuis le déclenchement de la crise ivoirienne. Malgré quelques critiques sur la lenteur du processus, l'honnêteté intellectuelle oblige à reconnaître que le dialogue direct et l'Accord de Ouaga dont il a accouché ont mis fin à la dyarchie à la tête de l'exécutif et baissé les tensions dans la recherche de la sortie de crise. L'initiative de l'agenda et des actions prioritaires revient prioritairement aux Ivoiriens. Accompagnés et soutenus par la communauté internationale à travers la Cedeao, l'UA, l'Onu. Exit le GTI et ses incantations à l'initiative d'un juge ayant pris fait et cause pour une des parties en conflit. Finies les déclarations tapageuses de Chefs d'Etat peu habités par la sagesse, malgré le poids de leur âge ou des mandats cumulés dans la logique des pères irremplaçables et indispensables. Dans leurs différents messages et v?ux de fin d'année, les principaux leaders politiques s'accordent à faire de 2008 une année capitale, décisive. Après cinq ans d'altermoiements, de procès d'intention, de luttes pour mettre en berne la Constitution et destituer le Chef d'Etat élu (même dans des conditions calamiteuses), l'Accord de Ouaga a rétabli le respect des Institutions, de la République et de l'Etat. Tous ceux qui, hier, réclamaient de mettre la Côte d'Ivoire sous tutelle des Nations unies comme le Kosovo doivent être passablement gênés en constatant l'incapacité de l'ONU à donner un statut définitif à cette province. L'Accord de Ouaga a maintenu l'État et la République debout. C'est le sens que le Président Laurent Gbagbo donne à ses visites dans les zones centre, nord et ouest du pays. Rétablir l'unicité du pays sous l'autorité d'un seul et même chef. Tengréla, Boundiali, Korhogo et Ferké l'ont très bien compris et démontré lors de sa visite d'Etat dans le nord. Les populations ont montré et démontré leur pleine appartenance à la République, à l'Etat de Côte d'Ivoire. Mille fois merci pour ce message clair !
En ce mois de janvier, qui va voir le Ghana abriter la 26e édition de la Coupe d'Afrique des Nations de football, nous ne pouvons formuler qu'un v?u: 2008 doit s'inscrire dans la dynamique de la victoire à laquelle les Eléphants ont habitué les Ivoiriens. Après une participation historique à la Coupe du monde en 2006, la Côte d'Ivoire sera présente aux Jeux olympiques de Pékin avec différentes disciplines. Et le football pour la première fois. Sacré meilleur joueur africain en 2007, Didier Drogba croule sous les distinctions et sollicitations. Il a été nommé 4e au Ballon d'or mondialisé, derrière Kaka, Cristian Ronaldo et Lionel Messi. Reléguant les autres Africains, qui étaient ses concurrents, aux oubliettes. Un journal marocain vient de le désigner, pour la 3e fois consécutive, meilleur footballeur africain de l'année en 2007. Le prestigieux journal sportif français L'Equipe a publié le 27 décembre dernier l'équipe type du monde 2007. Avec un seul Africain dans ce Onze mondial: Didier Drogba. Mille fois merci de porter haut l'image et la réputation de la Côte d'Ivoire. Sans dresser une liste exhaustive des raisons d'espérer, on pourrait citer des gestes et des actions fortes qui ont marqué 2007 et vont influencer positivement 2008: Tiken Jah, qui avait peur pour sa sécurité, est rentré de son exil volontaire et a animé deux concerts à Abidjan et Bouaké; Gbagbo s'est rendu à Bouaké, Korhogo, Ferké, Boundiali, Tengréla; Soro a été accueilli en grande pompe à Gagnoa; après la zone de confiance, les lignes de front ont disparu pour faire place aux regroupement et désarmement des ex-combattants; les leaders politiques sillonnent désormais, en toute liberté, l'ensemble du territoire pour y mener leurs activités. Tous sont en ordre de bataille pour les élections devenues quasi certaines pour 2008. Mille fois merci à tous ceux qui vont ?uvrer à libérer les Ivoiriens par des élections libres, justes et transparentes.



Par Jean-Baptiste Akrou

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