Psychose à Dabou - LA FESCI ATTAQUELE COMMISSARIAT
La Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci) a paralysé les cours jeudi et vendredi dans les établissements scolaires secondaires de Dabou. Après avoir attaqué à jets de pierres et l'arme blanche le commissariat de police de la ville. Pour exiger la libération d'un des leurs coupable de vol avec effraction dont le préjudice est évalué à plus de 2,3 millions de Fcfa. Bilan: 5 policiers blessés dont un grièvement.
La Fesci est-elle au-dessus de la loi ? Beaucoup d'habitants de Dabou (50 kms d'Abidjan) répondent depuis jeudi dernier par l'affirmative. Et ce, après que les autorités policière et judiciaire aient ordonné la libération d'un élève auteur d'un vol avec effraction devant la menace de ses camarades. Venus tôt le matin attaquer à l'arme blanche et jets de pierres le commissariat de police. Nous ne pouvons pas laisser humilier l'un des nôtres. Les policiers ne se sont pas gênés à arrêter notre camarade alors qu'ils n'avaient aucune preuve contre lui ?, explique un membre de la Fesci, un gamin d'à peine 16 ans rencontré vendredi après-midi devant le lycée Leboutou. Selon lui, l'expédition punitive des élèves contre les policiers de Dabou fait prendre conscience aux gens qu'on ne s'attaque pas n'importe comment à la Fesci ?. A en croire ce gamin ?, le second jour de paralysie des cours est dû au fait que dans les échanges, les flics auraient tiré à balle réelle et blessé grièvement l'un des leurs. Tant que les autorités ne soignent pas le camarade blessé, nous ne pouvons reprendre les cours. C'est dans ce sens que nous avons souhaité rencontrer le préfet pour qu'il prenne les soins en charge ?, révèle notre interlocuteur. Ainsi, dans les différents établissements scolaires, il n'y a pas eu cours dans la ville. Même le cours secondaire méthodiste (ex-CSP) de Dabou d'ordinaire en dehors des mouvements des élèves, n'a pas été épargné par les vandales d'élèves. Nous avons reçu jeudi matin un groupe d'élèves de la Fesci qui nous ont demandé de libérer les élèves. Nous avons préféré ne pas résister ou engager un bras de fer avec eux pour ne pas mettre la vie de nos élèves en danger , a confié le pasteur aumônier, le révérend Dieudonné Karou. Comme commentaire à cet arrêt de cours, il a simplement souhaité qu'on enseigne l'autorité spirituelle dans les établissements. Le respect de l'autorité manque, on a abandonné l'école à la violence, au recrutement parallèle. Malheureusement, l'élève est le produit de la société ?, indique l'homme de Dieu. La colère des flics de la ville Les policiers ont eu chaud. Mais leur réaction a été efficace ?, relate un témoin oculaire de la folle matinée du jeudi entre élèves et policiers devant le commissariat de police. Le bilan est cependant lourd au niveau des flics dont le commissariat a manqué de peu de partir en fumée : cinq policiers blessés dont un grièvement sur le visage. Nous étions contraints de réagir au risque de voir notre commissariat saccagé ?, explique un policier. Face au danger ?, la riposte a été énergique. Des centaines d'élèves ont laissé leurs paires de chaussures dans la débandade. Les forces de l'ordre sont aujourd'hui à se demander encore les mobiles de cette réaction de la Fesci dont ils disent être pourtant en de bons termes avec eux. Selon divers témoignages recueillis en ville comme de sources policières, tout est parti de deux vols avec effraction commis entre le 19 et le 21 novembre dernier dans un magasin de vente de portables et cartes de recharge et au night-club Le Venus de Dabou. Dans le magasin de cartes de recharges, le préjudice s'élève à 2,3 millions de Fcfa. Quant au night-club, les appareils de sonorisation ont été emportés nuitamment également par les malfrats. La police de la ville ouvre alors une enquête. Le lundi 10 décembre, des informations parviennent à la police selon lesquelles deux des appareils du night-club sont en train d'être vendus à Yopougon, Abidjan. Les flics se rendent à Abidjan sur les lieux et appréhendent un certain Sylla Aidara dit Adamo, revendeur au black market d'Adjamé. Ce dernier passe aux aveux, indiquant que lesdits appareils lui ont été envoyés par un jeune homme, répondant au nom de Kouassi Kouamé Donatien. Ce dernier est appréhendé le mercredi 12 décembre. Il reconnaît les faits. Les fins limiers de la police de la ville vu le rapprochement des deux vols avec effraction en date coincent le malfrat sur le second cas. Là encore, il passera aux aveux. Mais indiquant ne pas être coupable du vol des cartes de recharges. Cependant, il expliquera aux policiers que lorsqu'il est allé vendre les appareils au black market d'Adjamé, il a rencontré Don Kof de son vrai nom Sayni Koffi et Yannick qui écoulaient eux aussi des cartes de recharges et des portables. Le nommé Don Koff est appréhendé par la police. Des fouilles de son sac, la police découvre quelques cartes de recharges volées sur lui. Mais il dit ne savoir ni la provenance ni qui les a mis dans son sac. Le lendemain jeudi pendant que la police l'entend pour la procédure en la matière la Fesci fait une descente aux environs de 7h30 dans les locaux du commissariat. Ils exigent purement et simplement la libération du malfrat qu'ils disent être l'un de leurs responsables. Pendant que le commissaire discutait dans son bureau avec des responsables d'établissements et des parents d'élèves, les éléments de la Fesci lancent des pierres contre le commissariat. Cinq éléments de la police sont blessés dont l'un grièvement, des véhicules sont endommagés. Ne pouvant pas les laisser détruire nos locaux, nous les avons repoussés , explique un policier de la ville. Le camouflet des policiers Mais la partie de cette affaire qui éc?ure encore tout le monde, c'est la libération du malfrat Don Kof par les policiers. Sous la menace des élèves de la Fesci. La Fesci est-elle au-dessus de la loi ? On ne peut pas établir un Etat de droit de cette manière-là. Un bandit c'est un bandit et il mérite la rigueur de la loi ?, crie de colère d'un parent d'élève de la ville. Qui semble avoir gros sur le c?ur contre la Fesci de Dabou. Pour un rien, ils paralysent l'école. Pas plus tard que mercredi, ils ont paralysé l'école parce qu'ils exigeaient un quota sur les timbres destinés à soutenir les lépreux. Où allons-nous si ce sont les gamins qui doivent nous faire subir leur desiderata ? s'indigne notre interlocuteur. Maximin, élève de 5e rencontré à la gare routière de Dabou, dit avoir eu honte quand après il a su les mobiles pour lesquels Don Kof a été arrêté par la police. A l'école, la Fesci nous a dit de sortir parce que la police a arrêté injustement un des leurs alors qu'il a volé. Quand nous sommes allés voir au centre commercial comment il a soulevé les tôles pour entrer dans le magasin de cartes de recharges. Moi j'ai eu honte d'avoir été à la police ? explique le jeune homme. Le nommé Don Kof est connu des fichiers de la police. Selon divers témoignages, il a été deux ou trois fois appréhendé sur les mêmes faits de vols. Quant à sa libération du commissariat de police, les premiers responsables tentent de justifier cette action spectaculaire. Il s'agit d'une liberté provisoire. Le temps que les choses se calment. C'est une décision prise de commun accord avec nos patrons ?, explique une voie autorisée. Du côté de la victime tout comme des populations de la ville on s'inquiète. Qui va rembourser les 2,3 millions de préjudices si on libère le voleur ? s'interroge la victime Y.N. Vendredi, il s'est rendu dans les locaux de la police afin de s'enquérir de la conduite à tenir. En vain. Du côté des populations, on craint plus pour l'avenir. Désormais la Fesci sait qu'elle est au-dessus de la loi à Dabou. Ils peuvent venir nous attaquer maintenant et l'affaire n'ira nulle part. Selon ce qu'on nous a dit, l'ordre est venu d'Abidjan pour qu'on libère le bandit de la Fesci. Alors nous les pauvres, qui nous protégera contre la Fesci , s'indigne un commerçant de la ville. Selon lui, il s'agit maintenant pour eux de se défendre eux-mêmes contre ces élèves comme l'ont fait quelques mois plutôt les chauffeurs de taxi. Quand ils ont attaqué les chauffeurs de taxis, ceux-ci ont garé leurs véhicules et procédé à une chasse aux élèves dans la ville. Je crois que la Fesci ne va plus jamais attaquer ces chauffeurs. Et c'est ce qui nous reste à faire nous les commerçants ?, propose notre interlocuteur. Une psychose qui malheureusement a gagné opérateurs économiques, parents d'élèves, responsables d'établissements scolaires et populations de la ville de Dabou. Pour qui l'incident du jeudi 13 décembre est la porte ouverte à toutes sortes d'abus de la Fesci dont l'impunité vient d'être consacrée. Sans oublier l'avenir de l'école qui fonctionne déjà au gré de ses humeurs du jour. Les cours reprendront-ils aujourd'hui lundi dans la quinzaine d'établissements scolaires de la ville ? La grosse interrogation sur toutes les lèvres.
Abou Traoré Envoyé spécial à Dabou
La Fesci est-elle au-dessus de la loi ? Beaucoup d'habitants de Dabou (50 kms d'Abidjan) répondent depuis jeudi dernier par l'affirmative. Et ce, après que les autorités policière et judiciaire aient ordonné la libération d'un élève auteur d'un vol avec effraction devant la menace de ses camarades. Venus tôt le matin attaquer à l'arme blanche et jets de pierres le commissariat de police. Nous ne pouvons pas laisser humilier l'un des nôtres. Les policiers ne se sont pas gênés à arrêter notre camarade alors qu'ils n'avaient aucune preuve contre lui ?, explique un membre de la Fesci, un gamin d'à peine 16 ans rencontré vendredi après-midi devant le lycée Leboutou. Selon lui, l'expédition punitive des élèves contre les policiers de Dabou fait prendre conscience aux gens qu'on ne s'attaque pas n'importe comment à la Fesci ?. A en croire ce gamin ?, le second jour de paralysie des cours est dû au fait que dans les échanges, les flics auraient tiré à balle réelle et blessé grièvement l'un des leurs. Tant que les autorités ne soignent pas le camarade blessé, nous ne pouvons reprendre les cours. C'est dans ce sens que nous avons souhaité rencontrer le préfet pour qu'il prenne les soins en charge ?, révèle notre interlocuteur. Ainsi, dans les différents établissements scolaires, il n'y a pas eu cours dans la ville. Même le cours secondaire méthodiste (ex-CSP) de Dabou d'ordinaire en dehors des mouvements des élèves, n'a pas été épargné par les vandales d'élèves. Nous avons reçu jeudi matin un groupe d'élèves de la Fesci qui nous ont demandé de libérer les élèves. Nous avons préféré ne pas résister ou engager un bras de fer avec eux pour ne pas mettre la vie de nos élèves en danger , a confié le pasteur aumônier, le révérend Dieudonné Karou. Comme commentaire à cet arrêt de cours, il a simplement souhaité qu'on enseigne l'autorité spirituelle dans les établissements. Le respect de l'autorité manque, on a abandonné l'école à la violence, au recrutement parallèle. Malheureusement, l'élève est le produit de la société ?, indique l'homme de Dieu. La colère des flics de la ville Les policiers ont eu chaud. Mais leur réaction a été efficace ?, relate un témoin oculaire de la folle matinée du jeudi entre élèves et policiers devant le commissariat de police. Le bilan est cependant lourd au niveau des flics dont le commissariat a manqué de peu de partir en fumée : cinq policiers blessés dont un grièvement sur le visage. Nous étions contraints de réagir au risque de voir notre commissariat saccagé ?, explique un policier. Face au danger ?, la riposte a été énergique. Des centaines d'élèves ont laissé leurs paires de chaussures dans la débandade. Les forces de l'ordre sont aujourd'hui à se demander encore les mobiles de cette réaction de la Fesci dont ils disent être pourtant en de bons termes avec eux. Selon divers témoignages recueillis en ville comme de sources policières, tout est parti de deux vols avec effraction commis entre le 19 et le 21 novembre dernier dans un magasin de vente de portables et cartes de recharge et au night-club Le Venus de Dabou. Dans le magasin de cartes de recharges, le préjudice s'élève à 2,3 millions de Fcfa. Quant au night-club, les appareils de sonorisation ont été emportés nuitamment également par les malfrats. La police de la ville ouvre alors une enquête. Le lundi 10 décembre, des informations parviennent à la police selon lesquelles deux des appareils du night-club sont en train d'être vendus à Yopougon, Abidjan. Les flics se rendent à Abidjan sur les lieux et appréhendent un certain Sylla Aidara dit Adamo, revendeur au black market d'Adjamé. Ce dernier passe aux aveux, indiquant que lesdits appareils lui ont été envoyés par un jeune homme, répondant au nom de Kouassi Kouamé Donatien. Ce dernier est appréhendé le mercredi 12 décembre. Il reconnaît les faits. Les fins limiers de la police de la ville vu le rapprochement des deux vols avec effraction en date coincent le malfrat sur le second cas. Là encore, il passera aux aveux. Mais indiquant ne pas être coupable du vol des cartes de recharges. Cependant, il expliquera aux policiers que lorsqu'il est allé vendre les appareils au black market d'Adjamé, il a rencontré Don Kof de son vrai nom Sayni Koffi et Yannick qui écoulaient eux aussi des cartes de recharges et des portables. Le nommé Don Koff est appréhendé par la police. Des fouilles de son sac, la police découvre quelques cartes de recharges volées sur lui. Mais il dit ne savoir ni la provenance ni qui les a mis dans son sac. Le lendemain jeudi pendant que la police l'entend pour la procédure en la matière la Fesci fait une descente aux environs de 7h30 dans les locaux du commissariat. Ils exigent purement et simplement la libération du malfrat qu'ils disent être l'un de leurs responsables. Pendant que le commissaire discutait dans son bureau avec des responsables d'établissements et des parents d'élèves, les éléments de la Fesci lancent des pierres contre le commissariat. Cinq éléments de la police sont blessés dont l'un grièvement, des véhicules sont endommagés. Ne pouvant pas les laisser détruire nos locaux, nous les avons repoussés , explique un policier de la ville. Le camouflet des policiers Mais la partie de cette affaire qui éc?ure encore tout le monde, c'est la libération du malfrat Don Kof par les policiers. Sous la menace des élèves de la Fesci. La Fesci est-elle au-dessus de la loi ? On ne peut pas établir un Etat de droit de cette manière-là. Un bandit c'est un bandit et il mérite la rigueur de la loi ?, crie de colère d'un parent d'élève de la ville. Qui semble avoir gros sur le c?ur contre la Fesci de Dabou. Pour un rien, ils paralysent l'école. Pas plus tard que mercredi, ils ont paralysé l'école parce qu'ils exigeaient un quota sur les timbres destinés à soutenir les lépreux. Où allons-nous si ce sont les gamins qui doivent nous faire subir leur desiderata ? s'indigne notre interlocuteur. Maximin, élève de 5e rencontré à la gare routière de Dabou, dit avoir eu honte quand après il a su les mobiles pour lesquels Don Kof a été arrêté par la police. A l'école, la Fesci nous a dit de sortir parce que la police a arrêté injustement un des leurs alors qu'il a volé. Quand nous sommes allés voir au centre commercial comment il a soulevé les tôles pour entrer dans le magasin de cartes de recharges. Moi j'ai eu honte d'avoir été à la police ? explique le jeune homme. Le nommé Don Kof est connu des fichiers de la police. Selon divers témoignages, il a été deux ou trois fois appréhendé sur les mêmes faits de vols. Quant à sa libération du commissariat de police, les premiers responsables tentent de justifier cette action spectaculaire. Il s'agit d'une liberté provisoire. Le temps que les choses se calment. C'est une décision prise de commun accord avec nos patrons ?, explique une voie autorisée. Du côté de la victime tout comme des populations de la ville on s'inquiète. Qui va rembourser les 2,3 millions de préjudices si on libère le voleur ? s'interroge la victime Y.N. Vendredi, il s'est rendu dans les locaux de la police afin de s'enquérir de la conduite à tenir. En vain. Du côté des populations, on craint plus pour l'avenir. Désormais la Fesci sait qu'elle est au-dessus de la loi à Dabou. Ils peuvent venir nous attaquer maintenant et l'affaire n'ira nulle part. Selon ce qu'on nous a dit, l'ordre est venu d'Abidjan pour qu'on libère le bandit de la Fesci. Alors nous les pauvres, qui nous protégera contre la Fesci , s'indigne un commerçant de la ville. Selon lui, il s'agit maintenant pour eux de se défendre eux-mêmes contre ces élèves comme l'ont fait quelques mois plutôt les chauffeurs de taxi. Quand ils ont attaqué les chauffeurs de taxis, ceux-ci ont garé leurs véhicules et procédé à une chasse aux élèves dans la ville. Je crois que la Fesci ne va plus jamais attaquer ces chauffeurs. Et c'est ce qui nous reste à faire nous les commerçants ?, propose notre interlocuteur. Une psychose qui malheureusement a gagné opérateurs économiques, parents d'élèves, responsables d'établissements scolaires et populations de la ville de Dabou. Pour qui l'incident du jeudi 13 décembre est la porte ouverte à toutes sortes d'abus de la Fesci dont l'impunité vient d'être consacrée. Sans oublier l'avenir de l'école qui fonctionne déjà au gré de ses humeurs du jour. Les cours reprendront-ils aujourd'hui lundi dans la quinzaine d'établissements scolaires de la ville ? La grosse interrogation sur toutes les lèvres.
Abou Traoré Envoyé spécial à Dabou