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Depuis quelques jours, le navire RDR n'est plus maîtrisé par le mentor qui assiste impuissant à des départs massifs du parti qu'il a bâti sur du faux, le mensonge et la mystification. Pourquoi huit ans après sa prise du RDR dans des conditions anti-démocratiques, plusieurs cadres sont obligés de sauter de ce navire qui prend l'eau de toutes parts ? Voyage dans la basse-cour des Républicains

Les raisons profondes de la grande saignée Pour des observateurs avisés de la scène politique en Eburnie, ce qui se passe aujourd'hui au sein du RDR ne surprend guère, c'est plutôt l'effet boomerang. Ou encore la vérité a fini par rattraper le mensonge que le mentor a toujours servi aux militants pour les embarquer dans son aventure ambiguë. Jusque-là inconnu de bon nombre d'Ivoiriens, c'est véritablement à la faveur de la crise qui a failli emporter Félix Houphouet-Boigny en 1990 que le Dr Alassane Dramane Ouattara est révélé aux populations éburnéennes à travers le petit écran. Il est bombardé président du comité interministériel mis en place par le Bélier de Yamoussoukro pour réfléchir sur les voies de sortie de la crise. Le ''médecin'' venu de la BCEAO de Dakar fait une copie pâle du plan Koumoué Koffi Moïse et la présente à Houphouet qui n'a pas le choix. Ouattara brade à tout vent les biens de l'Etat, pour, dit-il, renflouer les caisses de l'Etat : salaires à double vitesse chez les enseignants, vente des nombreux véhicules du parc auto de l'Etat, des biens immobiliers, tout y passe. Même les cités universitaires n'échappent pas aux réformes ADO. Le ''médecin'' venu de Dakar n'a jamais rendu compte à Houphouet de ce qu'il a pu engranger. Ce qui oblige le défunt confrère ''Le Jour'' à sonner l'alerte avec un article qui lui a valu un procès : " ADO vend et rachète ". Le vieux Bélier fatigué par la maladie ne contrôle plus rien. Le ''sauveur'' se frotte les mains et constitue en secret un trésor de guerre qui va servir plus tard à mettre à mal la stabilité du pays et la cohésion nationale après le décès du père de la Côte d'Ivoire moderne. Mais avant cela, l'homme dresse à Houphouet un bilan des plus satisfaisants. Il est bombardé Premier ministre de Côte d'Ivoire, un poste taillé sur mesure par le sage de Yamoussoukro pour Alassane Dramane Ouattara. L'élixir du banquier venu de Dakar tarde à porter ses fruits. Mais le ''vieux'' affaibli par la maladie ne peut changer la donne. Il est emporté par ce mal qui le rongeait en silence depuis plusieurs années le matin du 7 décembre 1993. Le Premier ministre, Alassane Dramane Ouattara, se rend à Yamoussoukro où il s'incline sur la dépouille mortelle du vieux, y laisse Konan Bédié le dauphin constitutionnel qui a rallié la ville natale du Président Houphouet par la route. Ouattara lui ayant refusé d'emprunter avec lui l'avion de commandement de celui qui l'a révélé et imposé aux cadres Ivoiriens. 24 heures après l'annonce du décès du sage de Yamoussoukro, ADO refuse de démissionner et tente d'enjamber le corps d'Houphouet pour fomenter un coup d'Etat constitutionnel. En voulant mettre sous le boisseau l'article 11 de l'ancienne loi fondamentale qui faisait de Henri Konan Bédié, en tant que président de l'Assemblée nationale, le dauphin constitutionnel. Le plan de Ouattara échoue. Il est contraint malgré tout à rendre la démission de son gouvernement. Son ami Michel Camdessus lui trouve un point de chute au FMI. Dans cette institution, l'ancien Premier ministre nourrit toujours l'ambition de diriger la Côte d'Ivoire. Lorsque Djéni Kobinan quitte le PDCI pour créer le RDR original, des cadres de la plus vieille formation le rejoignent. Ce sont ces mêmes cadres pour la plupart originaires de la partie septentrionale de la Côte d'Ivoire qui vont ?uvrer à la réussite du hold-up de Ouattara sur le RDR. L'ancien directeur général du FMI va pour son combat pour la reconnaissance de sa nationalité ivoirienne, introduire l'islam en politique, un précédent très dangereux pour l'équilibre de la cohésion nationale. Pour l'implantation de son parti dans le pays profond et pour rallier tous les musulmans de Côte d'Ivoire et du monde à sa cause, il va jouer sur la fibre nordiste. Il appelle les musulmans à adhérer au RDR, le parti qui lutte pour mettre fin aux tracasseries policières dont ils seraient l'objet à cause de leur patronyme et surtout il promet des cartes d'identité nationale à tous. Le père des cartes de séjour, celui qui a catégorisé hier les populations vivant en Côte d'Ivoire promet de donner des cartes d'identité à tous sans exclusive si les musulmans se rallient à sa cause. Il débite partout où il a l'occasion des discours haineux qui le rapprochent des habitants du Nord de la Côte d'Ivoire. Dès lors, ses émissaires parcourent les mosquées du pays en appelant à une guerre religieuse : musulmans contre chrétiens. Ces envoyés très spéciaux tentent de présenter les populations du Sud comme celles qui font des blocages pour son ascension à la tête du pays. Des Imams en quête de subsides tombent sous le charme des discours haineux de Ouattara et se livrent les vendredis dans les mosquées à des prêches invitant à ''brûler'' le pays. Trompés ainsi, ils mordent pour la plupart à l'hameçon et contribuent à rendre l'atmosphère délétère. ADO se frotte les mains, jubile même et croit son heure proche. L'objectif premier qui est la reconnaissance de sa nationalité ivoirienne va être atteint, se dit-il, en privé. Avec son discours diviseur, Ouattara se croit enfin tout près du but. Car il s'est servi d'un milieu très sensible, la communauté musulmane. L'introduction de la religion dans la politique fait mouche dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002.On compte par dizaines les morts. Mais bien avant d'appeler ceux qu'il appelle abusivement ses coreligionnaires au secours de son combat, Ouattara a pris le soin de changer le nom de sa génitrice. Et c'est l'honorable Cissé Moussa qui est envoyé en mission auprès du député-maire de Dimbokro et le préfet pour cet acte délictueux. Le RDR enregistre ses premiers départs : Abou Cissé, Dr Tousséa Alphonse, feue Grah Claire, Adama Nibi Zana Coulibaly. Mamadou Ben Soumahoro, Roger Gnohité. Ils dénoncent l'imposture et claquent la porte tout en avertissant qu'ils ne se retrouvent pas dans un parti dont le mode de conquête du pouvoir d'Etat reste le faux, le mensonge et la manipulation. Leur refus de cautionner la mascarade leur vaut une volée de bois vert de la part des ''suiveurs'' du mentor. Abou Cissé et ses camarades préviennent que tôt ou tard la vérité finira par se lever pour rattraper le mensonge. En possession donc de l'acte qui fait de lui désormais, le fils ''légitime'' de Nabintou Cissé, sa marâtre, Ouattara déclare devant les instances de son parti ,qu'il a pris le soin de convoyer sur les bords de la Seine, qu'il est candidat à la prochaine présidentielle en Eburnie. C'était le 30 octobre 1998. Il ajoute que 4 mois lui suffisent pour battre à la loyale Henri Konan Bédié. RFI en fait son choux gras avec des éditions spéciales. C'est le début d'une collaboration qui va mettre à mal la cohésion nationale. Quand Henri Konan Bédié qui connaît bien l'homme pour avoir été le tuteur de l'étudiant Alassane Dramane Ouattara aux Etats-Unis met à nu son imposture et lance contre lui un mandat d'arrêt international, il lance ces phrases dangereuses sur les ondes de RFI, la radio mondiale, en réplique aux accusations de faux et usage de faux portées contre lui. Aux musulmans de Côte d'Ivoire et du monde, Ouattara déclare qu'on ne veut pas de sa candidature parce qu'il est musulman. Ces déclarations suscitent partout un tollé général et servent de thèmes des prédications enflammées de certains imams. Ouattara a réussi à embarquer avec lui un bon nombre de devanciers musulmans pour son combat contre Bédié d'abord et aujourd'hui contre le pouvoir de Laurent Gbagbo. Tous reconnaissent en lui (du moins pour certains) le vrai champion de la lutte pour que les sans-papiers d'Eburnie aient des CNI. Tous étaient hier loin d'imaginer que le combat qu'ils étaient en train de mener était celui personnel de l'homme qui a choisi de l'étendre aux populations du Nord du pays qui se plaignent souventes fois de tracasseries policières. Dans cet Etat laïc qu'est la Côte d'Ivoire, Ouattara a tout tenté pour opposer les musulmans aux chrétiens pour une véritable guerre religieuse. Pourtant, le mentor du RDR n'a rien d'un bon musulman et n'a rien aussi posé comme actions en faveur de cette communauté musulmane. En dehors de se servir d'elle comme un piédestal pour assouvir ses ambitions personnelles et égoïstes. " Ouattara n'est pas un bon musulman ". Beaucoup de musulmans pieux et très attachés au Coran ne cachent pas aujourd'hui leur irritation et leur ulcération face à la conduite du président du RDR. " Un bon musulman ne peut jamais s'appuyer sur l'islam pour se faire élire à un poste politique, sous d'autres cieux ", confient-ils en courroux. On aurait interdit à Alassane Dramane Ouattara de mettre les pieds dans une mosquée ". Ceux-ci s'offusquent de cette propension du mentor du RDR à vouloir se servir de l'islam comme bouclier. La politique et la religion n'ont jamais fait bon ménage, précisent-ils, amers. Les exemples de la guerre du Liban et de la crise interminable israélo-arabe, sont là pour témoigner. La politique et la religion, c'est comme de l'huile sur le feu. Toutefois, les organisations et associations musulmanes n'ont jamais véritablement élevé le ton pour dénoncer ces pratiques pernicieuses et anti-religieuses. Alassane Ouattara est certes un fin politicien, mais il n'est pas un bon musulman, confiait sous le sceau de l'anonymat et très en colère, un militant du RDR. " Le vrai musulman qui connaît le coran, ne peut jamais utiliser l'Islam à des fins politiques. Il ne peut pas non plus user de la solidarité musulmane pour constituer un parti politique. Cela est très dangereux. Imaginez-vous dans un pays comme la Côte d'Ivoire, si chaque confession religieuse constitue sa formation politique, ce serait exposer ce pays à une guerre religieuse sans précédent. C'est malheureusement, ce à quoi Alassane Dramane Ouattara préparait la Côte d'Ivoire ", soutient-il. On le constate vraiment aujourd'hui avec cette saignée au RDR. Un parti sans fondement idéologique et dont le militantisme est axé sur la récupération et la manipulation religieuse ne peut véritablement prospérer. Surtout quand des musulmans très pieux se rendent compte que les discours haineux de Ouattara sont très dangereux pour la cohésion nationale. Et puis, disons-le tout net, quel est ce musulman, très riche, qui n'est jamais allé à la Mecque ? Et qui se gave de saucisson, de viande de porc et qui vide des bouteilles de whisky à longueur de journée ? Ou encore qui arbore la tenue musulmane pour parader dans les mosquées uniquement pendant les périodes de Ramadan ? Le faux ne résiste pas longtemps à l'éclatement de la vérité ? Une vérité infalsifiable vient de rattraper le mensonge. D'où cette grande saignée. La communauté internationale a été infantilisée par Ouattara. Elle a été utilisée à fond par le mentor du RDR. Au point que des Ivoiriens se demandaient si Ouattara pense que c'est la communauté internationale qui va le porter au pouvoir d'Etat en Eburnie. En juillet 1999, Ouattara a déclaré ceci devant les instances dirigeantes de sa formation politique : " Je suis plus que jamais déterminé. Je réaffirme que je serai candidat. J'ai déjà averti des grands pays comme le Japon, le Canada, les Etats-Unis, la France ". Pure mystification ! Car ce sont les Ivoiriens qui doivent décider du choix de leur Président. Ouattara a passé le clair de son temps à ameuter cette communauté internationale et à espérer qu'elle le portera à bout de bras au pouvoir en Eburnie. Elle s'est immiscée à plusieurs reprises et de manière inélégante dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire. Elle a ainsi tout simplement contribué à prolonger inutilement la crise en cherchant après avoir suivi la campagne d'ADO, à dépouiller à tous les prix, le Président élu, Laurent Gbagbo de ses prérogatives ou même à l'écarter du processus de paix. Les résolutions taillées à la mesure de leur ami ADO ont connu un échec parce que contraires aux aspirations du peuple ivoirien. Le mentor du RDR, par la magie de la manipulation, a fait croire à tous ces pays qu'il est majoritaire dans le pays. Et des chefs d'Etat ont épousé hier son combat, mené sur la base du faux. Que dire de la radio mondiale, RFI ? Elle s'est tout simplement plantée en Côte d'Ivoire en jouant les pyromanes. Elle a aussi épousé les yeux bandés le combat dangereux de Ouattara contre la stabilité en Eburnie. Elle a souventes fois, jeté l'huile sur le feu, au lieu de rechercher l'équilibre de l'information. Comment pouvaient-ils ?uvrer au respect de l'éthique et la déontologie de leur profession quand ils se contentent de la seule version de Ouattara et de celles de ses soutiens dans l'Hexagone ? Le mentor du RDR a-t-il trompé tout le monde pour le combat en vue la reconnaissance de sa nationalité et donc de son éligibilité ? Les nouvelles des départs massifs du RDR troublent le sommeil de Ouattara qui a choisi de quitter les bords de la lagune Ebrié pour ''digérer'' à 6000 kms d'ici cette saignée. Après avoir usé de menaces et autres pressions, qui n'ont pas eu raison des dissidents, Ouattara tremble à l'idée que Zémogo Fofana et ses camarades ne fassent le grand déballage qui va définitivement signer l'arrêt de mort du RDR, version ADO. A la vérité, le mentor aurait des cadavres dans le placard, menacent les dissidents. Un grand déballage signera le glas de sa lutte politique en Eburnie. Il le sait qui tente vainement de convaincre les dissidents de ne pas quitter la ''case''. ''Il y a un temps pour toutes choses'', dit l'Ecclésiaste dans la Bible. Un temps pour rire et un temps pour pleurer. Ouattara a semé le vent, il récolte aujourd'hui la tempête.

Dossier réalisé par
Safiatou Ouattara

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