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Des syndicats de l'enseignement secondaire privé qui avaient accepté de proroger leur mot d'ordre de grève vont entamer un arrêt de travail dès demain.

A partir de demain 05 juin, l'enseignement secondaire privé risque d'être paralysé, du moins, si le ministre de l'Education nationale, M. Gilbert Bleu Lainé, ne change pas le cours des choses. On sait qu'une grève avait été annoncée pour le 22 mai dernier. Mais suite à des discussions avec le ministre, l'Union des syndicats du secondaire privé avait accepté d'accorder un délai de 2 semaines avant de débrayer. " Cette période devait être mise à profit par le ministre pour trouver des solutions aux revendications que nous avons présentées. Parce qu'il a promis de s'imprégner du dossier avant de se prononcer sur la question. Mais jusqu'à présent, nous n'avons plus eu de contacts formels, ni avec les fondateurs, ni avec le ministre, même si la présidence par le biais du conseiller juridique, Me Daligou, nous a rencontrés ", a expliqué Yao Kouadio, coordonnateur de cette plate- forme de syndicats qui a bien voulu feuilleter leur cahier de revendications qui, en un mot, se résument au respect des textes par les fondateurs. On note, entre autres revendications, le réajustement salarial, conséquence de la dévaluation intervenue en 1994, la signature d'une nouvelle convention, le paiement par les fondateurs des 20% de l'UE, le remboursement des 179 millions de l'année blanche de 1990, payés selon Yao Kouadio, par l'Etat, mais qui n'ont pas été reversés par l'ex-ministre de l'Education nationale, Michel Amani N'Guessan aux ayants-droit. Les syndicats de l'enseignement privé réclament également une aide aux enseignants des zones Centre Nord et Sud qui, depuis 5 ans, sont privés de salaire, afin d'être dans les conditions idoines pour reprendre les cours dans ces zones qu'ils ont quittées. M. Yao Kouadio qui était à notre rédaction en compagnie de Vassiriki Soumahoro, le chargé de communication, a aussi dénoncé l'attitude empreinte de passivité qu'observe le ministre Bleu Lainé vis-à-vis des fondateurs réunis au sein de la FENEPLACI qui refusent d'appliquer les textes. En effet, a dit M. Yao Kouadio, compte tenu des perturbations qu'a connues l'éducation nationale, le ministre a pris un arrêté pour repousser la date de l'arrêt des notes au 22 juin et des examens en juillet. Mais cette décision vient d'être rejetée, a révélé le syndicaliste, par la FENEPLACI qui a plutôt demandé aux enseignants d'arrêter les notes depuis la semaine dernière. " Remarquez que les enfants auront deux mois d'inactivité avant d'aller aux examens. Les fondateurs sont plus préoccupés par des économies qu'ils vont faire en se gardant de payer les enseignants pendant le mois de juin, au lieu de mettre l'accent sur la formation des élèves. Et le ministre ne réagit pas à cette défiance orchestrée par les fondateurs pour laquelle nous l'avons interpellé ", a dit M. Yao Kouadio qui pense que M. Bleu Lainé n'arrive pas à faire respecter sa propre signature par les fondateurs. Après avoir relevé que l'attitude de leurs employeurs met l'enseignement privé en danger, notre interlocuteur a appelé tous les professeurs à respecter le mot d'ordre de grève qui prend effet demain, dès 7h, et qui ne sera levé que si la plateforme revendicative est satisfaite.

JOSIANE BADET

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